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Réponse à des lectrices et lecteurs
Le débat stratégique concerne aussi Québec solidaire

Les fruits sont mûrs 03-avr-2014 15-32-42

1. ASSÉ et syndicats
2. La parenté stratégique PQ et Québec solidaire
3. Convergence entre le PQ et la CAQ
4. Parti parfait ou anticapitalistes conséquents



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Le débat stratégique concerne aussi Québec solidaire

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Débat post-électoral
Quel autre choix que le moins pire parti du 1% ?

Les poings  03-avr-2014 15-07-18

Désespérés des résultats électoraux, certains commentateurs anticapitalistes crient au meurtre à propos du nouveau gouvernement Libéral en le qualifiant de gouvernement du 1%. Évidemment que ce l'est. Un gouvernement caquiste dirigé par un homme d'affaires multimillionnaire aurait-il été autre chose ? Un gouvernement péquiste dirigé par une première ministre dont le conjoint a refusé de révéler ses avoirs et qui est connu comme un financier tout aussi multimillionnaire s'étant enrichi dans l'immobilier, et dont la politique économique aurait été sous la gouverne du plus anti-syndical milliardaire du Québec aurait-il été autre chose qu'un gouvernement du 1% ? En prime, ce gouvernement aurait, par sa charte, semer la zizanie entre québécois de souche et néo-québécoises. Pas question pour le peuple québécois de risquer ses acquis sociaux, même charcutés et fragilisés, pour une illusoire indépendance réactionnaire.

En choisissant un gouvernement Libéral majoritaire, le peuple québécois a très sagement choisi la moins pire des propositions réellement existantes sur son menu électoral. Il a dit non au gouvernement des 1% ouvertement anti-syndical et xénophobe qui veut souiller à jamais l'espérance indépendantiste. Il a dit non au gouvernement des 1% qui veut rationaliser l'État comme on rationalise à la hache une entreprise. Il ne lui restait que dire oui au gouvernement des 1% qui est un diable bien connu dont on n'attend rien et qu'on sait, sans fausse conscience, qu'on devra combattre bec et ongles dans la rue.

Pour le combat historique de libération nationale et d'émancipation sociale, l'heure est à la reconstruction d'une alternative propre à un Québec bigarré et pluriel qui envoie au musée de l'histoire le bleu fleurdelisé et le « gens du pays ». Basta de ce folklore identitaire.

Et Québec solidaire ? On ne remet pas un gouvernement à des enfants de cœur aveugles au fondement antagonique des rapports de classe. On peut sourire à leur vert capitalisme de partage et à leur assemblée constituante entre gens bien élevés. Mais le peuple sait de quoi est capable un patron, privé ou public. Il sait que la répression fédéraliste ne fera qu'une bouchée de la constituante. Au moins la direction péquiste s'est-elle rendue compte que le temps de référendum, même alambiqués, est terminé. La libération-émancipation exige un soulèvement.

En ces temps d'austérité, il faut des batailles rangées pour arracher des miettes. Quant aux gouvernements social-démocrate, travailliste, socialiste, communiste... ou solidaire, le capital financier, avec la dette publique, ses paradis fiscaux et ses grève d'investissement, sait les transformer en marionnettes au fiel mielleux. Le peuple veut bien que les sympathiques Solidaires soient les anges gardiens du parlement mais il n'en attend rien de plus.

Quant à rue, le peuple militant les voit en queue de manif avec leurs pancartes oranges sans message originale. À part parasiter les luttes pour récolter des votes, en quoi les Solidaires contribuent-ils à construire le rapport de forces dans la rue ? Où était la direction Solidaire lors du Printemps érable quand il fallait lancer un débat public sur la grève sociale ? Où se cachait la direction Solidaire quand la fermeture d'Electrolux est revenue sur le tapis en période électorale ? A-t-elle appelé son électorat à la manif anti-austérité des 10 000 organisée par l'ASSÉ ?

On compare souvent Québec solidaire aux Partis de gauche français ou allemand. Cette comparaison est boiteuse. Ces partis européens sont un rejet du social-libéralisme. Québec solidaire en est un du national-populisme. Il a gardé dans ses bagages pas mal de social-libéralisme qui domine sa direction. C'est aux anticapitalistes soutenus par les antilibéraux de
faire le ménage pour faire muer Québec solidaire en chef de file du combat indépendantiste.

Marc Bonhomme, 11 avril 2014

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Conclusion d'un bilan électoral égréné au long de la campagne
Le pire est évité, reste à ressusciter l'espérance libératrice

Non à l'austérité 03-avr-2014 15-05-25


La perspective d'un gouvernement majoritaire du PQ s'est transformée en réalité Libéral. La disparition annoncée de la CAQ en résurrection. Une percée espérée de Québec solidaire en stagnation plus, in extremis, une consolation. La bonne nouvelle : se volatilise la charte xénophobe et une politique économique sous la houlette du plus anti-syndicaliste des patrons. La mauvaise nouvelle : le retour aux affaires du parti patronal par excellence. Une hantise : la mort de l'espoir indépendantiste. Une déception : l'incapacité de Québec solidaire de prendre la relève.

Un gouvernement péquiste majoritaire en aurait été un confiné à la droite extrême, de type berlusconien pimenté de Ligue du Nord. Le PQ s'était consciemment aliéné les non-francophones et les progressistes francophones. Il comptait se sortir de cette quadrature du cercle en anesthésiant le sens commun francophone par une forte dose d'illusion indépendantiste nourrie par l'humiliation nationale. C'était gravement sous-estimer le peuple québécois qui sait distinguer une chimère réactionnaire de la perspective d'une authentique libération même risquée.

Le peuple québécois était disponible à une nouvelle offre. À la dernière minute, il a remarqué un homme d'affaires à succès avec une épine dorsale. Il a été tenté. Mais flairant les conséquences désastreuses de l'État-entreprise et méfiant des moralisateurs, il ne lui a pas confié son sort.

Le peuple a bien compris cette dame rassurante qui promettait « 
plus de mieux » et « moins de pire » comme disait de son parti les Zapartistes en 2008. Toutefois, la loi d'airain néolibérale de la course vers le fond du baril a appris au peuple québécois, comme à ceux du monde, qu'on ne fait pas de consensus avec le diable capitaliste. Cette naïveté aboutit à moins de mieux et à plus de de pire. Il lui a quand même laissé une autre chance de se rattraper.

Ne restait plus que la solution par défaut : le parti des « 
vrais affaires »... bilingues. Le parti des docteurs dodus se penchera sur le malade pour lui administrer un remède de cheval. Avec près de la moitié du budget consacré à la maladie, voilà de bonnes « vrais affaires ». Après le lobby ABC (asphalte-bois-ciment), est-que ce sera le tour de celui de la maladie de traire le contribuable ?

Quatre ans de gouvernement Libéral désespèrent les électoralistes de gauche. Qualifier de « 
grave » et « surréaliste » ce gouvernement prépare-t-il le retour des tentatives d'accointances Solidaires avec un PQ redécouvrant, dans l'opposition, le discours social-démocrate ? Est-ce avec lui que la petite députation des trois Solidaire rebâtira un « véritable mouvement souverainiste » ? N'est-ce pas plutôt le temps d'envoyer le PQ au musée de l'histoire ? Son résultat électoral minable, qui le ramène quarante ans en arrière, ne sanctionne-t-il pas historiquement sa tentative désespérée de saboter la cause indépendantiste pour mieux sauver sa peau ?

La réponse est non pas dans le vent mais dans la rue. Au prochain coin, il y a le budget printanier. Plus loin, rendu au grand boulevard il y aura la grande négociation du secteur public en 2015. Pour s'y rendre, le chemin croise maintes rues au noms inconnus. Enfermé dans l'enceinte parlementaire, Québec solidaire ignorera-t-il l'appel du dehors comme il a fait fi, durant la campagne électorale, du cri des congédiés d'Electrolux pour cause de fermeture tout comme il a refusé de convier ses membres et son électorat à la manifestation étudiante des 10 000 ?

Il appartient aux Solidaires, pressés par ses anticapitalistes jusqu'ici très peu critiques, d'y gagner ses épaulettes en proposant une perspective de libération nationale et d'émancipation sociale d'indépendance pour exproprier les banques et sauver la langue afin de réaliser le plein emploi écologique.


Marc Bonhomme, 9 avril 2014

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Débat Dubuc-Leduc, prise 4
Voter Solidaire sans excuser son cul-de-sac stratégique

Austérité et révolte 03-avr-2014 15-01-46


Le débat final de L'Aut'Journal entre son éditeur et le candidat de Québec solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve porte sur la stratégie de conquête de l'indépendance. Le dirigeant du collectif de gauche péquiste, Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-libre) débusque efficacement la paille dans l’œil Solidaire sans paradoxalement voir la poutre qui lui arrive en plein visage. Pierre Dubuc comprend le stérile carcan institutionnel dans lequel s'enferme Alexandre Leduc mais il n'arrive pas lui-même à en sortir. Finalement, ni l'un ni l'autre protagonistes n'arrivent à se libérer du piège de la gouvernance souverainiste à laquelle est condamnée toute solution institutionnelle d'accès à l'indépendance.



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Débat Dubuc-Leduc, prise 4

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Manifestation de l'ASSÉ contre l'austérité du 3 avril 2014
Deux ans déjà, nous revoilà !


Deux ans déjà 03-avr-2014 15-05-34




Pour les photos, voir : https://picasaweb.google.com/110537867786455303075/ManifestationDeLASSEContreLAusteriteDu3042014
 


Que les sulfureuses Janette et tutti quanti aillent se rhabiller... une fois sorties de la piscine. Nous étions cet après-midi un bon 10 000 à manifester dans les rues de Montréal pendant qu'une cinquantaine de mille étudiantes s'étaient mises en grève pour une journée venant de 19 associations dont celles de 4 cégeps de Montréal. S'étaient jointes à ce jeune déferlement printanier quelques dizaines, peut-être l'une ou l'autre centaines, de militantes des groupes populaires et de femmes et une poignée de militants syndicaux.

On y a aussi vu une petite présence du Parti Vert et d'Option nationale et une un peu plus nombreuse de Québec solidaire présente aussi par une distribution de tracts. Que cette mobilisation aurait pu être encore plus imposante si les centrales syndicales s'étaient mises de la partie et si la direction Solidaire avait mobilisé ses troupes le temps d'interrompre ses activités électorales pour une demi-journée comme il sied à un parti de la rue. Il aura fallu la réaction d'une ou l'autre association, dont celle du porte-parole non élu qui était présent, pour sauver la face.

Ce ne sont pas quelques provocations policières contre cette manif déclarée illégale avant même qu'elle ne débute qui vont gâcher notre plaisir à voir la gauche reprendre le dessus sur la droite xénophobe dans la rue. On ne peut pas empêcher les érables de couler quand leur temps est venu. Reste que cette austérité contre laquelle on se mobilisait, sans plus de précision, le temps d'une bouffée d'air sera inévitablement au rendez-vous le lendemain des élections, plus forte que jamais.

Si cette manifestation ne sonne pas le réveil de la riposte au sortir de ce long et froid hiver, mais qu'elle se cantonne à demeurer une promenade de joyeuse défrustration, il n'y aura ni sortie de l'austérité ni sortie du pétrole. C'est là un défi pour Québec solidaire en autant que les urnes ne le mangent pas tout rond.