15 décembre 2009

 

Note bonifiée sur la question de l’augmentation des impôts

 

Dans son communiqué de presse du 10 décembre, Québec solidaire dénonce les « profits records » des banques et réclame que « [c]e scandale doit cesser. Monsieur Hamad, agissez !  » — comme si le PLQ pouvait pénaliser les banques en faveur des pauvres ! — … mais ne revendique aucune hausse de l’imposition de ces « profits records ».  Pourtant, deux jours auparavant, la présidente de la CSN et le président de la CSQ avaient tous deux ré-ouvert le débat fiscal dont la nécessité de l’augmentation de l’impôt.  Plus précisément, la présidente de la CSN demandait :

« au gouvernement Charest d'augmenter de près d'un milliard de dollars le fardeau fiscal des Québécois plutôt que de comprimer les dépenses […] de renoncer à plafonner à 3,2 % la croissance des dépenses publiques. La Confédération veut également demander d'étaler sur au moins sept ans, plutôt que quatre ans, le retour à l'équilibre budgétaire. […] au gouvernement d'accroître ses revenus en puisant dans la poche des contribuables et des sociétés, notamment les institutions financières et les compagnies minières. » (Radio-Canada, 9 décembre) 

 

On se rappelle que Québec solidaire, dans sa plate-forme électorale (novembre 2008) réclamait pour les entreprises :

(1.3.2) Rendre l’imposition des entreprises progressive par l’introduction de paliers d’imposition.

(1.3.3) Imposer pleinement le gain en capital des entreprises, en prévoyant certaines exceptions notamment en agriculture.

Et surtout (je souligne)

(1.3.4) Majorer l’impôt sur le revenu et sur le capital des sociétés financières.

Et pour les particuliers :

(1. 4. 1) Augmenter le nombre de paliers d’imposition du revenu.

(1. 4. 2) Imposer pleinement le gain de capital des particuliers.

 

 

Le cadre financier contredit la plate-forme

 

Lors de cette même campagne électorale, la direction de Québec solidaire mettait déjà un sérieux bémol à sa plate-forme en publiant un cadre financier  qui renonçait à toute majoration d’impôt durant les deux premières années soi-disant pour combattre la crise économique qui prenait son envol à ce moment-là.  Pour financer la lutte anti-crise, la direction préférait plutôt mettre de l’avant un emprunt de plus de huit milliards $ auprès des pompiers-pyromanes au lieu de les imposer.  L’imposition devait attendre des temps meilleurs que le cadre financier jugeaient devoir commencer la troisième année.  Pourtant, si la crise a fait disparaître une bonne dose de capital fictif, il a à peine entamé le capital réel, y compris le capital argent, les hauts salaires et la consommation luxueuse. 

 

Lors de la tournée du nouveau député en février-mars 2009, toute référence à une imposition ultérieure des profits, capital, hauts revenus ou consommation de luxe avait disparu du « plan solidaire et crédible pour sortir de la crise » ou encore du document pré-budgétaire « Sept propositions pour un Québec vert et solidaire ».  Encore dans le communiqué de presse du 28 octobre dernier, le dernier en date touchant la question de la fiscalité, la direction met certains moyens pertinents de l’avant pour aller chercher des fonds (baisser le prix des médicaments, lutte contre la corruption et contre l’évitement fiscal des entreprises et des riches) mais fait l’impasse sur toute majoration fiscale.  Ces moyens de financement étant fort restreints, la direction s’en remet essentiellement aux banques et aux autres détenteurs de capitaux pour financer ses propositions d’infrastructures écologiques.  Est-ce que davantage enchaîner le peuple québécois au capital financier définie la stratégie de « souveraineté populaire » de la direction de Québec solidaire ?

 

 

La CSN et le SISP passent à gauche de Québec solidaire

 

Le 11 décembre 2009, dans le cadre des consultations budgétaires, la direction de la CSN précisait ses revendications :

« La taxe sur le capital touchant les entreprises, qui sera totalement éliminée en janvier 2011, représente un manque à gagner de 2 milliards de dollars pour le gouvernement. Les particuliers ont aussi bénéficié d’allégements fiscaux, notamment d’une diminution de près d’un milliard de dollars lors du budget 2007-2008, financée à partir de l’augmentation de la péréquation qui devait contribuer à réduire le déséquilibre fiscal. […] C’est ainsi que la CSN privilégie une réforme qui renforcerait la progressivité du régime fiscal tout en récupérant minimalement l’équivalent des baisses d'impôt consenties depuis 2006-2007. Le régime fiscal devrait assurer une juste contribution des individus et des entreprises. La CSN propose notamment les mesures suivantes :
➢    Que le gouvernement du Québec augmente l’impôt sur le revenu des particuliers pour les contribuables à revenu élevé. Cela pourrait se faire d’abord par l’introduction d’un palier supplémentaire d’imposition comme il en existe un au fédéral;
➢     Que le gouvernement du Québec augmente ou, à tout le moins, stabilise la contribution des entreprises;
➢    Que le gouvernement du Québec introduise une taxe de vente supplémentaire sur les produits de luxe;  
➢    Que le gouvernement du Québec fasse des représentations auprès des autres gouvernements pour l’instauration d’une taxe sur les transactions financières spéculatives;
➢    Que le gouvernement du Québec axe davantage son action vers des écotaxes dont les revenus seraient dédiés à la mise en œuvre de diverses mesures environnementales. Ces écotaxes devraient permettre de modifier les comportements afin de faciliter l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre et contribuer à la mise en place d’une fiscalité moderne, comme dans plusieurs pays où ce type de revenu fait déjà partie intégrante du paysage fiscal. »

 

Elle ajoute une demande de renonciation à continuer d’engraisser le prétendue « Fonds des générations », une méthode détournée et inefficace — étant donné les récentes pertes boursières — de remboursement de la dette publique.  Malheureusement, la direction de la CSN tergiverse sur la question de la hausse des tarifs d’électricité et sur celle de la taxe de vente, pourtant des modes d’imposition régressifs malgré les rabais fiscaux aux plus pauvres.  Il ne faut donc pas se surprendre qu’elle propose aussi des tout aussi régressives « écotaxes », sorte de taxes de vente au prorata du contenu carbone.

 

La SISP, le 13 décembre, en plus de certaines autres recommandations, y allait de ses propres revendications fiscales :

- Accroître les redevances minières (300 millions) ;

- Recourir davantage à l’impôt sur le revenu des particuliers à très hauts revenus (950 millions) ;

- Introduire une taxe sur les biens de luxe ;

- Prélever une contribution supplémentaire des sociétés financières (300 millions) ;

- Appliquer un impôt minimum aux entreprises profitables (150 millions) ;

- Limiter les divers crédits d’impôt et congés fiscaux des entreprises (250 millions).

 

Les direction de la CSN et de la SISP s’exposent à l’ire des économistes patentés et faiseurs d’opinion parce qu’elles sont au pied du mur.  Il n’est plus question d’une stratégie « Talk low and carry a big stick » (Ultimatum, journal de l’ASSÉ, nov.-déc. 2009) basé sur un optimisme gonflé à bloc par une large unité consolidée par un pacte de non-maraudage.  Les directions de la CSN et de la SISP ont été déculottées par la réponse plus que tiède du gouvernement Libéral — une offre d’une augmentation de la masse salariale des 475 000 travailleuses des services publics et de la fonction publique de 7% sur 5 ans y compris pour l’équité salariale — par rapport à une demande de 11.5% sur 3 ans étant donné la nécessité d’un important rattrapage salarial vis-à-vis tant le privé que les secteurs publics municipaux et fédéral. 

 

 

Saisir la balle au bond

 

Reste que Québec solidaire doit saisir la balle au bond pour se dégager de sa tiédeur fiscale sociale-libérale qui la situe à droite des directions de la CSN et de la SISP.  L’occasion est belle pour sortir des boules à mites la plate-forme des dernières élections.  Il serait nécessaire d’appuyer publiquement et immédiatement les revendications des centrales syndicales à quelques exceptions près — « écotaxes » et autres tergiversations — quitte à revenir plus tard avec une proposition bonifiée concrétisée par un cadre financier qui fasse passer à la caisse les grandes institutions financières, les transnationales, les riches et les acheteurs d’énergivores produits de luxe libérant le peuple québécois de toute dépendance envers les pompiers-pyromanes qui n’ont jamais cessé de faire de faramineux profits même dans le pire de la crise et qui en font plus que jamais :

            Bénéfice net des banques    

                  Source : Le Devoir, 9 décembre 2009

 

On aurait dû s’attendre à ce que Québec solidaire trace la voie et non pas suive les bureaucraties syndicales.  Il n’est pas trop tard pour bien faire… en plus radical, par exemple en exigeant le rétablissement de la taxe sur le capital à ce qu’elle était en 2005 (voir graphique) en rajoutant par exemple une surtaxe pour les institutions financières à la hauteur d’au moins 1% de leur capital sinon davantage.

                          

                                                  Source : Profil économique et financier du Québec, 2009

                                                  http://www.finances.gouv.qc.ca/documents/autres/fr/AUTFR_profil2009.pdf

 

Le maintien et la bonification de la taxe sur le capital est d’autant plus importante que les entreprises peuvent facilement manipuler leurs profits tant par des manœuvres comptables, dont les cas Enron et Nortel si ce ne sont Lacroix et compagnie ont amplement fait la démonstration, sans compter le jeu des prix internes au sein des transnationales et le recours aux paradis fiscaux.  Il ne faut pas se surprendre si la totalité des entreprises privées du Québec paient au gouvernement québécois le tiers moins d’impôt que les entreprises publiques dont Hydro-Québec et la SAQ (voir graphique).

                         

                                                  Source : Profil économique et financier du Québec, 2009

                                                  http://www.finances.gouv.qc.ca/documents/autres/fr/AUTFR_profil2009.pdf

 

Le gouvernement du Québec ne se gêne pas pour promouvoir sa compétitivité fiscale envers les entreprises pour attirer les investissements étrangers :

« UNE FISCALITÉ CONCURRENTIELLE POUR L’INVESTISSEMENT

Les entreprises du Québec bénéficient d’un régime fiscal globalement concurrentiel pour les nouveaux investissements.

Le taux d’imposition du Québec sur l’investissement est inférieur aux taux moyens des États-Unis et des pays de l’OCDE. De plus, il est l’un des plus bas au Canada, principalement en raison :

• d’un taux d’imposition des profits des entreprises parmi les plus bas en Amérique du Nord;

• du remboursement de la taxe de vente payée sur les biens d’équipements;

• de l’élimination de la taxe sur le capital, depuis 2008, pour les entreprises manufacturières et, d’ici le 1er janvier 2011, pour toutes les entreprises;

• d’un crédit d’impôt à l’investissement de 5 % sur les acquisitions de matériel de fabrication et de transformation. »

                  

 

 

Le retour des Lucides

 

Le 15 décembre, le gouvernement du Québec publiait le rapport « Le Québec face à ses défis » par les « quatre cavaliers de l'Apocalypse » (L’Aut’Journal, 15/12/09) d’où la Presse du même titrait à la une « Finances publiques : Le Québec se dirige vers un mur ».  Même si ces quatre économistes bien connus de la droite tire cette conclusion de leur étude faite sur commande, il est facile d’en faire une lecture de gauche.  Nos quatre cavaliers avouent qu’à salaires et prix comparables avec l’Ontario, le gouvernement du Québec dépensent par habitant, hors service de la dette, 26% de plus que celui de l’Ontario… pour toute une série de programmes et dépenses supplémentaires :

1. « …le Québec a graduellement mis en place la politique familiale la plus généreuse au Canada. En 2005-2006, les subventions annuelles versées par place de garde s’établissaient à 4 600 $ au Québec, comparativement à 3 300 $ dans l’ensemble du Canada et à 2 300 $ en Ontario. »

2. « En 2006-2007, au Québec, 77 % des lits approuvés étaient de propriété publique provinciale, aucun de propriété municipale et 23 % de propriété privée.  La même année, au Canada, 25 % des lits approuvés étaient de propriété provinciale, 8 % de propriété municipale et 67 % de propriété privée. Dans le cas de l’Ontario, et toujours en 2006-2007, il n’y avait aucun lit de propriété provinciale, 20 % des lits étaient de propriété municipale et 80 % de propriété privée. »

3. « En 2008-2009, [pour les transports et les communications], le financement public québécois était supérieur de 4,0 milliards de dollars au financement public ontarien. Cette situation s’explique à la fois par des besoins plus importants par rapport à la population – le réseau québécois étant plus étendu que le réseau ontarien – et par le rattrapage que le gouvernement a été obligé d’effectuer depuis quelques années. »

4. « …la majeure partie de l’écart entre le Québec et l’Ontario provient des crédits d’impôts, et des mesures spécifiques définis afin de soutenir la recherche scientifique et le développement expérimental, l’investissement, la nouvelle économie et les régions. L’écart entre le Québec et l’Ontario s’explique également par des subventions plus importantes au Québec. »

5. « Dans le secteur de la santé, […] le Québec offre davantage de services que l’Ontario, notamment par son régime québécois d’assurance médicaments. »

6. « Dans le secteur de l’éducation, l’écart entre le Québec et l’Ontario […] s’explique entièrement par les dépenses plus élevées qu’assume le Québec au niveau postsecondaire, en raison essentiellement des frais de scolarité plus faibles assumés par les étudiants québécois. »

 

On constate que les deux tiers des items sont des dépenses sociales absentes en Ontario et que l’important rattrapage des dépenses en transport tombe à point comme programme de lutte contre la crise, même si le « préjugé favorable » à la réfection des routes et ponts au détriment du transport public est problématique.  Finalement, le soutien supplémentaire aux entreprises, d’où ce « taux d’imposition du Québec sur l’investissement [qui] est l’un des plus bas au Canada » comme  souligné plus haut, prouve que le gouvernement du Québec a une marge de manœuvre, même en admettant les limites étouffantes de la compétitivité fiscale néolibérale, soit pour augmenter l’imposition des entreprises soit pour convertir cette aide en prise de participation au capital.

 

Alors qu’on parle ici d’une part d’un choix de société découlant d’un rapport de forces plus favorable au peuple travailleur québécois qu’en Ontario et d’autre part d’une conséquence économique de l’oppression nationale qui oblige le Québec à pratiquer davantage de « grande séduction » envers les entreprises dans le cadre du libre-échange, les quatre cavaliers de l’Apocalypse prétendent plutôt que cette réalité prouve que le Québec vit au-dessus de ses moyens étant donné que le PIB par habitant y est de 14% inférieur à celui de l’Ontario.  Pour ce faire ils admettent d’emblée que les revenus autonomes du Québec comblent l’essentiel de la différence et non pas les paiements de péréquation fédéraux que le chauvinisme anglophone nous met toujours sur le nez.  Merci pour cette démonstration d’une autre manifestation de l’oppression nationale.    

 

Évidemment, il en découle que la pression fiscale, en général, et l’endettement par habitant sont supérieurs à ceux de l’Ontario.  Cependant, comme le démontre le « Profil économique et financier du Québec, 2009 » amplement cité plus haut, la pression fiscale sur l’entreprise y est moindre.  Le subterfuge qu’utilisent les quatre cavaliers pour démontrer le contraire est le même que celui des documents budgétaires soit d’additionner à l’impôt sur les profits et à celui sur le capital la cotisation au Fonds des services de santé qui est un impôt sur la masse salariale, c’est-à-dire un impôt payé par l’entreprise au nom des salariés tout comme le commerçant paye la taxe de vente au nom du consommateur.  Il ne leur fallait quand même pas déculotter leur commanditaire en avouant publiquement le parti-pris pro-entreprise du gouvernement du Québec par rapport à celui de l’Ontario.

 

Les quatre cavaliers en concluent que le Québec a une « mauvaise dette » de 100 milliards $ due à ce qu’ils appellent les « dépenses ‘d’épicerie’ » c’est-à-dire non compensée par des actifs financiers ou physiques.  D’abord il est faux de dire qu’un hôpital ou une autoroute est un actif car ces équipements ne sont pas destinés à faire directement des profits… à moins de vouloir les privatiser.  Ensuite il est faux de dire que les salaires des travailleuses de la santé, de l’enseignement… sont des dépenses d’épicerie, même d’un point de vue capitaliste, car ils contribuent à fabriquer ou réparer du « capital humain » qui ensuite peut être exploité fort longtemps, ce que la Suède a très bien compris.  D’un point de vue anticapitaliste, donc humain, on parlera plutôt d’un investissement social pour permettre aux gens de contribuer économiquement et politiquement à la société.

 

Il est assez ironique que nos quatre compères avouent que lors

« de la période d’expansion, on est resté à l’équilibre budgétaire sans affecter de surplus importants au remboursement de la dette. […] On a également procédé à certaines baisses d’impôt, afin de ne pas perdre trop de terrain en matière de concurrence fiscale : dans ce cas, on constate que nos choix ont été en partie dictés par les contraintes provenant de l’extérieur. »

Peut-être, ne sont s’en-t-ils pas aperçus mais ils condamnaient ainsi les contraintes imposés par le libre-échange.  Ils doivent aussi admettre que même si le gouvernement québécois ne faisait rien de spécial pour rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2013-2014 comme il veut le faire, le ratio dette versus PIB serait moindre en 2013-2014 qu’en 1997-1998, et que le service de la dette égale aujourd’hui 10% des dépenses budgétaires contre 15% en 1999-2000.  En mot, le feu n’est pas pris et il n’est pas prêt de prendre alors qu’il y a plutôt une urgence sociale à réinvestir dans les services publiques et programmes sociaux et à commencer dès maintenant de vastes chantiers écologiques (et créateurs d’emplois) pour que le Québec atteigne en 2020 la cible assignée par l’ONU pour la réduction des gaz à effet de serre, soit une réduction de 25 à 40% par rapport au niveau de 1990.

 

Si effectivement le service de la dette devenait brusquement un problème suite par exemple à une importante et tout à fait possible hausse des taux d’intérêt advenant une reprise économique, qui cependant hausserait les recettes fiscales, deux solutions anticapitalistes sont possibles lesquelles sont évidemment complètement en dehors de l’univers mental des quatre cavaliers.  Premièrement, il y a celle prônée par le Parti de la démocratie socialiste il y a 15 ans au moment de la prétendue crise de la dette, soit un moratoire sur le service de la dette justifié par la priorité aux dépenses sociales et écologiques.  La deuxième est une réforme fiscale haussant substantiellement l’impôt sur les hauts revenus, la richesse, les profits, le capital et la consommation de luxe.  Soit dit en passant l’ex-prospère Ontario, à son rythme actuel d’endettement per capita bien supérieur au Québec, ce que pourtant aucun capitaliste sérieux ne conteste, n’aurait besoin que de quelques années pour rejoindre le Québec.  

 

Comme coup de grâce, nos compères ramènent sur la table l’éternel coup fourré du vieillissement de la population que, selon eux, la seule croissance de productivité du travail ne serait pas suffisante à contrer.  Pensant dans le cadre néolibéral, il ne leur viendrait pas à l’esprit qu’il y a ce problème de multiples solutions dont une croissance du taux de fertilité, déjà à l’œuvre depuis 2003, une plus grande ouverture à l’immigration et surtout une remise en question de la consommation de masse à confort égal sinon supérieur.  Le bungalow de banlieue peut être avantageusement remplacé par un habitat collectif de qualité doté d’un équipement durable avec services de proximité et inséré dans un réseau de transport public suffisant pour se dispenser d’une auto individuelle.  Bien sûr, cette solution est incompatible avec l’accumulation capitaliste.  

 

Marc Bonhomme, 11 et 15 décembre 2009