--- Dette et budget

20 mars 2007

Un cadre financier antilibéral, c’est possible
et réaliste

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Les cinq partis se disputant la faveur de l’électorat promettent, si on en croit leurs chiffres, des dépenses publiques nouvelles allant de 1.7 milliards $ de l’ADQ aux 6.2 milliards $ de Québec solidaire. (Le nouveau budget fédéral, quant à lui, augmente d’une minuscule 10.6 milliards $ les dépenses de programme pour la prochaine année budgétaire, inflation comprise, pour tout le Canada, soit environ 2.5 milliards $ pour le Québec. C’est à peine plus que le remboursement de la dette de 9.2 milliards $. Et le Bloc va voter pour ça !) Les modifications fiscales pour financer ces promesses restent nébuleuses sauf pour Québec solidaire qui les chiffre à 4.5 milliards $, le reste venant d’Éole Québec et de Pharma Québec. Sans doute les partis néolibéraux comptent-ils sur la croissance économique et sur la solution très partielle du déséquilibre fiscale pour réaliser leurs promesses en fin de mandat.

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20mars2007

13 janvier 2007

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Le débat sur les chiffres
Justice, coût et rigueur

On n’a pas à opposer justice et coût car la justice a un coût comme elle a aussi des bénéfices. La question est de savoir non seulement quels coûts et quels bénéfices mais aussi quelle sorte et pour qui.

Augmenter le salaire minimum est certainement un coût pour le capital (et pour l’État s’il subventionne directement ou indirectement l’entreprise comme Québec solidaire veut le faire, ce qui pose la question de la réforme fiscale dans les mêmes termes) et un bénéfice pour le prolétariat particulièrement pour les couches pauvres. Est-ce un jeu à somme nulle même indépendamment du parti pris social ? Cette mesure, si elle est significative, peut aussi bien détruire l’emploi par la grève et la fuite des capitaux qu’en créer par l’augmentation de la demande solvable, et en plus socialement utile, en autant qu’elle est comblée nationalement. Ce qui pose la question de la libre circulation des capitaux, concrètement de l’ALÉNA sur laquelle Québec solidaire demeure silencieux. Politiquement, elle peut tout aussi bien solidifier la cohésion sociale donc abaisser le coût de la répression qu’encourager le prolétariat vers d’autres conquêtes politiques et sociales. Ce qui pose la question de l’analyse de la dynamique des rapports de forces. La transparence sur les coûts permet donc d’approfondir le débat tout en détruisant le mythe du gauchisme rêveur, de transcender l’idéalisme par le matérialisme dialectique.

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Justice et coût

Le 9 janvier 2007

Lettre au Devoir

Oui, il faut des chiffres… mais qui rompent avec le néolibéralisme

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Pierre Mouterde blâme les journalistes d’exiger des chiffres de la direction nationale de Québec solidaire. Il faut se souvenir que c’est cette direction, dans l’introduction de la Déclaration de principes, rien de moins, qui avait promis « 
une plate-forme offrant des propositions complètes et, au besoin, chiffrées. » Les journalistes devraient plutôt être félicités pour bien faire leur travail en exigeant les chiffres promis. De plus, l’auteur, citant un lecteur, semble penser qu’il faille choisir entre justice et coût. De quoi confirmer le cliché des gauchistes rêveurs.

Les chiffres peuvent être autant anticapitalistes que sociaux-libéraux. Selon l’Institut statistique du Québec (principaux indicateurs économiques – niveaux annuels) et les données du budget 2005-06 (tableau 3.1.1 des orientations budgétaires et financières du gouvernement), le pourcentage des dépenses de programme par rapport au PIB au prix courants du marché a baissé de 21.9% 93-94 à 17.7% en 2005-06. C’est donc dire que si le gouvernement du Québec faisait aujourd’hui le même effort budgétaire qu’il y a 12 ans, soit avant les coupures drastiques du PQ maintenues par les Libéraux, il dépenserait 11.5 milliards $ de plus. Ajoutez-y un effort semblable pour les dépenses fédérales au Québec pour arriver à un grand total d’environ 20 milliards $.

Une réforme fiscale antinéolibérale a été chiffrée réalistement par la Chaire socio-économique de l’UQAM (« 
Pour une fiscalité progressiste, juste et équitable », Montréal, 2002) qui donne la liste de mesures pouvant apporter de 16 à 20 milliards $ au Québec tant de la part de Québec que d’Ottawa tel que résumée par Gaétan Breton dans « Faire payer les pauvres », paragraphe 3.4.3. Une réforme fiscale et budgétaire de 20 milliards $ dans le cadre d’un Québec indépendant, voilà les chiffres dont se réclamerait un parti de gauche indépendantiste qui veuille vraiment une rupture avec le néolibéralisme. Évidemment, de tels chiffres nécessitent d’être imposés par la rue en combinaison avec les urnes.

Marc Bonhomme, économiste
9 janvier 2007

21 mars 2004

À la veille de la saison des budgets
Dégager du capital et un champ d’expansion pour l’impérialisme

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Il y a neuf ans, l’actuel Premier ministre du Canada, alors ministre des Finances, présenta son budget comme étant l'équivalent de celui de la démobilisation immédiatement après la Deuxième guerre en ce sens de ramener les dépenses de programme (dépenses totales moins les frais d'intérêt) à ce qu'elles étaient en 1951. Le budget de la démobilisation, toutefois, était un budget de paix, celui de 1995-96 était une déclaration de guerre au peuple du Canada. Ce qui fut annoncé fut fait, brutalement, de par la grâce de la justification et de l’encadrement de l’ALÉNA en vigueur depuis le premier janvier 1994 ; d’une conjoncture favorable essentiellement tirée par une orgie d’exportations aux ÉU dont l’économie était « boostée » par la force du dollar US qui drainait l’épargne mondiale vers eux ; mais aussi d’une capitulation des hautes directions syndicales qui refusèrent même d’envisager au moins une grève générale pan-canadienne de 24 heures comme celle de 1976, et au-delà, car cette seule journée n’avait pas alors suffi pour arrêter le gel des prix et salaires du gouvernement Trudeau.

À la veille de la saison des budgets
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1er mars 2003

L’ampleur du déficit social, le budget fédéral et les mesures Legault

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Selon le tableau ci-après :
Les dépenses fédérales au Québec (et au Canada) de 1992-93 ne sont pas dépassées en 2001-02 soit 10 ans plus tard. Mais pendant ce temps, les revenus fédéraux issus du Québec ont approximativement augmenté de 13 milliards $ (pour le Canada, ils augmentent exactement de 52 milliards $).

Pour lire le texte complet : Ampleur du déficit social