nov. 2006
****************************
29/11/2006 /09:47 / Catégorie :Commentaires
Le 29 novembre 2006
Cessons de tergiverser : il faut boycotter Israël, tout de suite !
Le peuple palestinien, ce peuple-prison dont je vous parlais dans mon commentaire du 18 novembre, est à la pointe du dispositif mondial de la lutte contre pour la libération nationale. Car le néolibéralisme guerrier sous hégémonie étasunienne, ce renouvellement du vieil impérialisme colonisateur du tournant du vingtième siècle sous hégémonie britannique, vise bien la recolonisation du monde. Le nouvel impérialisme vise à substituer aux colonies d'antan des États croupions dont l'État-prison palestinien serait un prototype pour ceux qui osent résister. Les programmes d'ajustement structurel du FMI, utilisant la dette impayable des pays du tiers monde, servent d'encadrement économique et politique dans une centaine de pays. Quant à elle, la dite "guerre contre le terrorisme", en réalité la guerre du pétrole, s'occupe des cas récalcitrants du Moyen-Orient et d'Amérique du Sud.
Pour lire le texte complet : 29novembre2006
Cessons de tergiverser : il faut boycotter Israël, tout de suite !
Le peuple palestinien, ce peuple-prison dont je vous parlais dans mon commentaire du 18 novembre, est à la pointe du dispositif mondial de la lutte contre pour la libération nationale. Car le néolibéralisme guerrier sous hégémonie étasunienne, ce renouvellement du vieil impérialisme colonisateur du tournant du vingtième siècle sous hégémonie britannique, vise bien la recolonisation du monde. Le nouvel impérialisme vise à substituer aux colonies d'antan des États croupions dont l'État-prison palestinien serait un prototype pour ceux qui osent résister. Les programmes d'ajustement structurel du FMI, utilisant la dette impayable des pays du tiers monde, servent d'encadrement économique et politique dans une centaine de pays. Quant à elle, la dite "guerre contre le terrorisme", en réalité la guerre du pétrole, s'occupe des cas récalcitrants du Moyen-Orient et d'Amérique du Sud.
Pour lire le texte complet : 29novembre2006
****************************
18/11/2006 /10:13 / Catégorie :Commentaires
18 novembre 2006
Palestine : Massacre d'un peuple prison
(source :
Rouge)
Achevant de construire le mur de la honte en Cisjordanie (celui de Gaza existe depuis longtemps), le gouvernement israélien a mis tout un peuple en prison. Comme l'affamer et l'humilier ne suffit pas pour déclencher la guerre civile tant souhaitée, malgré des tensions évidentes entre le Hamas et le Fatah, le gouvernement sioniste pratique dorénavant le tir à la cible encouragé par l'impunité totale par la soi-disant « communauté internationale » sous prétexte que le jeu de massacre sioniste ne serait qu'une réponse légitime à la pathétique riposte des missiles palestiniens qui n'atteignent presque jamais leurs cibles.
Et dire que le gouvernement canadien a été un des premiers gouvernements impérialistes à refuser de pratiquement reconnaître l'élection tout à fait démocratique du gouvernement palestinien en lui coupant les fonds, absolument nécessaires à son fonctionnement, à moins que le gouvernement palestinien ne reconnaisse unilatéralement le droit à l'existence de son agresseur qui occupe ses terres historiques dont celui-ci l'a chassé en 1948 et qui lui laisse une prison comme simili État sur un territoire charcuté par ses colonies, isolé du monde et constamment violé par son armée.
« L'Assemblée générale de l'ONU a demandé vendredi, à une écrasante majorité, la fin de toutes les formes de violence entre Israël et les Palestiniens, dont les opérations militaires d'Israël à Gaza et les tirs de roquettes sur Israël. L'Assemblée a fait cette demande dans une résolution -non contraignante- adoptée par 156 voix contre 7, avec 6 abstentions. L'Union européenne a voté pour, les États-Unis, Israël, l'Australie ont voté contre, LE CANADA S'EST ABSTENU (je souligne). La résolution demande l'établissement d'une mission d'enquête sur la bavure de l'artillerie israélienne qui a tué 19 Palestiniens, surtout des femmes et des enfants, le 8 novembre à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza. » (Agence France-Presse citée par Cyberpresse)
Plutôt cette semaine, « Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a par ailleurs décidé d'envoyer une mission d'enquête à Beit Hanoun, dans la foulée de cette attaque israélienne largement critiquée par la communauté internationale. La résolution, présentée par Bahreïn et le Pakistan, a été approuvée par 32 des 47 États membres du Conseil, dont 23 pays musulmans. Huit pays, DONT LE CANADA (je souligne), le Royaume-Uni et l'Allemagne ont voté contre la résolution. La France, le Japon et la Suisse sont au nombre des six pays qui se sont abstenus. » (Site Internet de Radio-Canada)
Tous se rendent compte que la politique extérieure du gouvernement canadien est devenue plus que jamais un quasi copie-coller de celle des Etats-Unis tant par rapport à Kyoto et au Moyen-Orient que par rapport à la Chine au point que Bay Street s'en inquiète (Le Devoir, 18/11/06, Manon Cornellier à la page éditoriale). Le plus inquiétant, cependant, est la faiblesse de la riposte du peuple canadien et québécois malgré les efforts du mouvement anti-guerre, ce qui laisse le terrain libre à la stigmatisation des communautés arabo-musulmanes au Canada même et de plus en plus au Québec. C’était comme si, au lieu de se mobiliser, on attendait le salut du retour des Libéraux fédéraux ou peut-être du PQ, tout comme le peuple étasunien mise sur le retour des Démocrates qui, encore une fois, le décevront.
Tel est le sens profond de ce débat à propos des « accommodements raisonnables » allègrement mis en évidence par l'ADQ, en mal de publicité pour ne pas sombrer dans l'oubli, et même par le chef du PQ sous prétexte de critiquer l'ADQ sur sa façon de faire le débat (Le Devoir, page A3, 18/11/06) sans oublier le premier ministre du Québec lui aussi à cheval sur les valeurs fondamentales de la société québécoise qu'il faut défendre (nouvelles NTR). Il ne s'agit pas de nier les problèmes, bien sûr, ni non plus d'éviter un débat public.
Il faut, cependant, sans cesse rappeler que la popularité des sectes et interprétations fondamentalistes des religions, dont le caractère sexiste et réactionnaire doit être systématiquement critiqué, et que l'afflux, tout relatif, des populations arabo-musulmanes au Canada et au Québec est le résultat inéluctable du néolibéralisme guerrier et, en creux, de la "tiédeur" de l'alternative de gauche, NPD et Québec solidaire, qui refusent d'en proposer une alternative anti-capitaliste ou même anti-néolibérale sauf parfois dans les discours du dimanche.
Rappelons que la Coalition Québec-Palestine exige du gouvernement canadien :
*L'arrêt immédiat des massacres et des incursions militaires israéliennes au Proche-Orient et spécifiquement en Palestine ;
*Le retrait immédiat de Israël des territoires occupés de Palestine, des fermes de Chebaâ et des Hauteurs du Golan (en Syrie), en vertu des résolutions de l'ONU (1402, 242 et 338) ;
*La libération des prisonniers :
* La libération immédiate, en vertu des principes de droit reconnus, des enfants, des femmes et des milliers de personnes non combattantes qui sont détenues pour des motifs sur lesquels Israël n'a pas juridiction ; la plupart étant des prisonniers d'opinion ou politiques ;
* Les personnes élues démocratiquement par le peuple palestinien doivent être libérées en priorité et de toute urgence;
* La libération des prisonniers de guerre détenus par toutes les parties, pour des raisons humanitaires et pour entamer un processus de paix juste ;
*La destruction du mur d'occupation construit dans les territoires occupés et qui, tel que statué par la Cour internationale de Justice, est illégal et aggrave les souffrances du peuple tout en concrétisant de façon systématique la spoliation des territoires et des ressources de la Palestine.
Marc Bonhomme
PALESTINEDiviser pour mieux régner
Les attaques israéliennes contre la population palestinienne de la bande de Gaza se sont multipliées. Israël cherche à déclencher une guerre civile en Palestine.
Aux portes de Gaza, samedi 11 novembre. Gaza, ce gigantesque camp de concentration, Gaza, à la densité la plus grande du monde, où les victimes que l’on dit collatérales sont inévitables, donc programmées, Gaza, cible trop facile pour les massacreurs de l’artillerie israélienne, Gaza la martyre : 200 Israéliens et une douzaine de militants palestiniens de Jérusalem-Est sont venus manifester, ce jour-là, leur honte et leur rage.
Depuis juillet, on a cessé de compter les morts, victimes des bombardements, des tirs de barrage, des incursions et des assassinats ciblés. Jusqu’à ce que, dans la ville de Beit Hanoun, vingt personnes d’une même famille soient tuées dans leur sommeil par une roquette de l’artillerie israélienne lancée - par erreur évidemment - sur un bâtiment situé en plein cœur d’un quartier populaire.
Arrêtons au moins l’hypocrisie : quand on bombarde avec des milliers d’obus et de roquettes un quartier populaire où vivent des dizaines de milliers de personnes, on sait que l’on va commettre un massacre. Les excuses du ministre de la Défense, Amir Peretz (Parti travailliste), et les explications gênées du Premier ministre, Ehud Olmert (Kadima, parti fondé par Ariel Sharon), insultent les victimes. Quant à l’Union européenne, la stupéfaction de ses porte-parole est une gifle pour chaque Palestinien.
Reconnaissons à George W. Bush qu’en usant de son veto à la déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant ce massacre, il faisait état de moins de tartuferie que ses collègues européens : on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs et, dans la lutte de survie de la civilisation judéo-chrétienne contre le terrorisme (musulman), on ne peut pas prendre de gants. À la guerre comme à la guerre... Après la guerre de cet été, au Liban, on est aujourd’hui en droit de se poser des questions de fond sur ce qu’on ne peut qu’appeler une politique de massacre. D’autant qu’elle se conjugue avec une politique similaire des États-Unis en Irak.
Plan génocidaire ? Certains, que la rage - légitime - aveugle, l’évoquent. Mais ni les États-Unis ni Israël ne pensent éradiquer l’existence de ceux qu’ils appellent des « peuples terroristes ». Même s’ils multipliaient par dix le nombre de leurs victimes quotidiennes, il leur faudrait plus d’un demi-siècle pour parvenir à leurs fins, et ceci uniquement concernant les résidents palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Provoquer un exode de masse ? S’il ne fait pas de doute que le « transfert » est un fantasme profondément ancré dans l’inconscient de la grande majorité des sionistes, rien n’indique que le terrorisme d’État d’Israël soit en mesure de provoquer un tel exode. Le fait est que le rapport démographique entre Israéliens juifs et Palestiniens continue, systématiquement, être déséquilibré en faveur de ces derniers.
En fait, à travers ces massacres, les dirigeants israéliens recherchent la destruction de la Palestine en tant que nation - ce que le sociologue israélien Baruch Kimerling appelle un « politicide » et son homologue palestinien, Salah Abdel Jawad, un « sociocide ». Tout comme les néoconservateurs américains ont mené la guerre en Irak avec la volonté de détruire l’État irakien, en transformant cet État arabe en un ensemble d’entités ethniques. C’est pourquoi, il est indispensable, dans cette stratégie, de fomenter des guerres civiles, ethniques si possible. En Palestine, les tentatives d’opposer la minorité chrétienne aux musulmans ont fait long feu, et ce depuis les premiers jours de l’occupation israélienne : la force du sentiment national a réduit à néant ce rêve sioniste, vieux comme le colonialisme lui-même. C’est donc une guerre civile politique que les stratèges israéliens et américains ont essayé de fomenter, en posant à Yasser Arafat l’éradication du terrorisme comme l’une des exigences du processus d’Oslo. Mais, rapidement, et une fois les réseaux neutralisés, l’exigence s’est transformée en « éradication de l’infrastructure terroriste », autre façon de dire que l’Autorité palestinienne devait écraser le mouvement Hamas. Sur cette question, plus encore que sur d’autres, Yasser Arafat a été intransigeant, répétant à qui voulait l’entendre que la Palestine ne serait pas l’Algérie, et qu’il ne fomenterait pas une guerre civile entre « islamistes » et « laïques ».
Unité nationale
La neutralisation de Yasser Arafat, à partir de 2001, a été le résultat de ce refus de fomenter une guerre civile interpalestinienne. Pour sa part, la société palestinienne a répondu à ce chantage en donnant au Hamas une majorité au Conseil législatif. Face à cette provocation, les Israéliens et les Américains, mais aussi les Européens, ont répondu en imposant un blocus criminel contre le peuple palestinien, tout en laissant entendre que, si le président Abbas mettait à bas le gouvernement élu, les sanctions pouvaient être levées. En arrière-plan, se dessine l’espoir de voir une partie de la société palestinienne, menée par l’aile droite du Fatah, se soulever contre le gouvernement légitime, et provoquer ainsi la guerre civile.
L’atomisation de l’espace palestinien, résultat de la politique de bouclage dont le mur n’est que l’élément le plus visible, la misère imposée par le blocus, le vol par Israël de sommes immenses qui appartiennent à l’Autorité palestinienne, et le refus de certains cadres du Fatah d’accepter le choix populaire créent une situation extrêmement instable et lourde de conflits internes de plus en plus graves. À Gaza, il y a déjà eu plusieurs morts dus à des conflits qui sont tout autant des conflits claniques que des conflits interfractionnels. Si l’unité nationale reste un facteur déterminant dans la politique palestinienne et dans le sentiment populaire, et si la haine de l’occupant reste plus forte que les conflits internes, il y a néanmoins lieu de craindre qu’à moyen terme, la situation ne dégénère. L’Irak est là pour nous le rappeler.
De Jérusalem, Michel Warschawski
Source : Rouge, hebdomadaire de la LCR, France : http://www.lcr-rouge.org
2006-11-17 00:08:33
ÉTATS-UNISGeorge Bush prend une claque
La cohabitation qui s’annonce pour 2007-2008 aux États-Unis a des airs de défaite retentissante pour Bush et son administration. C’est déjà une victoire pour tous ceux qui ont tenté de leur résister. Reste à savoir qui a réellement gagné.
Compte tenu de leur impuissance institutionnelle totale depuis des années, les démocrates américains ont obtenu un grand succès, mardi 7 novembre, en faisant basculer la majorité du Congrès. Ce basculement a été comparé à la victoire électorale des républicains au milieu du premier mandat de Clinton, en 1994, début de leur période de domination qui a duré jusqu’à aujourd’hui. Cependant, même si ce vote a été largement tourné contre le gouvernement fédéral, la nouvelle minorité reste en position de freinage (notamment au Sénat, démocrate à un siège près, ou grâce aux juges conservateurs nommés à la Cour suprême), voire de blocage (pouvoir de veto du président). Jusqu’à nouvel ordre, c’en est fini du règne d’un seul parti, mais on peut s’interroger sur les conséquences de ce rapport de force serré, au-delà de la satisfaction actuelle de Wall Street.
L’élection a été marquée par un vote contre Bush et la gestion de l’Irak (plutôt qu’un vote contre la guerre) ; le vieux « faucon » Donald Rumsfeld en a déjà fait les frais, ce dont on ne peut que se réjouir. Mais la prochaine étape semble être entre les mains d’une commission, créée au printemps, qui réunit démocrates et républicains. Sous l’influence des proches de Bush père, les deux camps se gardent bien de prendre des positions définitives, surtout sur le degré d’investissement dans la guerre. Quoi qu’il en soit des conclusions futures de la commission, on parle de discussions avec l’Iran ou la Syrie et d’une approche plus multilatérale. Il suffit de penser au passé des hommes de Bush père pour saisir les limites du basculement. C’est l’occasion de rappeler la catastrophe qu’est cette guerre, mais aussi le sens des mots « solution diplomatique » : sauvegarde moins arrogante mais tenace des intérêts des États-Unis, dans cette seconde guerre du Golfe comme dans la première. Nombre d’électeurs ont sanctionné les mensonges, mais continuent à défendre la « guerre contre le terrorisme », mère de toutes les escalades (Iran, Palestine, Liban), et des réformes liberticides (États-Unis).
Les démocrates ont, parfois, fait campagne sur la limitation du prix des médicaments, la hausse du salaire minimum ou un protectionnisme économique pour l’emploi. Mais c’est aussi par un glissement progressif vers la droite qu’ils ont conquis le Congrès, jurant de ne pas augmenter les impôts. On peut parler d’une défaite pour le camp néoconservateur, mais pas d’une victoire de la « gauche ». Sur de nombreux thèmes, les scrutins locaux ont donné des résultats réactionnaires. L’immigration est un exemple de thème sur lequel un terrain d’entente bipartisan peut être trouvé, mais ce terrain serait proche du second projet de loi de ce printemps, encore très réactionnaire. Dans ces conditions, les propositions de politique énergétique, alimentées par la géostratégie du pétrole et ses coûts grandissants, ont toutes les chances de profiter aux producteurs plus qu’aux usagers, sans réel progrès écologique.
La nouvelle majorité démocrate a donc hérité d’une situation assez bloquée. Elle devra pourtant faire la différence dans ce qui est déjà une précampagne pour la présidentielle de 2008. Ce dilemme en rappelle de précédents : en 1974 et en 1986, une victoire importante des démocrates s’était soldée, deux ans plus tard, par la victoire d’un démocrate très à droite (Carter, 1976) ou d’un républicain (Bush père, 1988), loin de l’image d’une nouvelle ère renvoyée par certains médias. Il est donc trop tôt pour juger. On peut simplement penser que cette cohabitation est un bon moment pour dénoncer le vrai visage des deux partis au pouvoir ou, du moins, dans le cas d’un blocage des institutions, de développer face à lui des mobilisations sociales et anti-impérialistes des minorités et des travailleurs.
Simon Marceau
Source : Rouge, hebdomadaire de la LCR, France : http://www.lcr-rouge.org
Palestine : Massacre d'un peuple prison
(source :
Rouge)
Achevant de construire le mur de la honte en Cisjordanie (celui de Gaza existe depuis longtemps), le gouvernement israélien a mis tout un peuple en prison. Comme l'affamer et l'humilier ne suffit pas pour déclencher la guerre civile tant souhaitée, malgré des tensions évidentes entre le Hamas et le Fatah, le gouvernement sioniste pratique dorénavant le tir à la cible encouragé par l'impunité totale par la soi-disant « communauté internationale » sous prétexte que le jeu de massacre sioniste ne serait qu'une réponse légitime à la pathétique riposte des missiles palestiniens qui n'atteignent presque jamais leurs cibles.
Et dire que le gouvernement canadien a été un des premiers gouvernements impérialistes à refuser de pratiquement reconnaître l'élection tout à fait démocratique du gouvernement palestinien en lui coupant les fonds, absolument nécessaires à son fonctionnement, à moins que le gouvernement palestinien ne reconnaisse unilatéralement le droit à l'existence de son agresseur qui occupe ses terres historiques dont celui-ci l'a chassé en 1948 et qui lui laisse une prison comme simili État sur un territoire charcuté par ses colonies, isolé du monde et constamment violé par son armée.
« L'Assemblée générale de l'ONU a demandé vendredi, à une écrasante majorité, la fin de toutes les formes de violence entre Israël et les Palestiniens, dont les opérations militaires d'Israël à Gaza et les tirs de roquettes sur Israël. L'Assemblée a fait cette demande dans une résolution -non contraignante- adoptée par 156 voix contre 7, avec 6 abstentions. L'Union européenne a voté pour, les États-Unis, Israël, l'Australie ont voté contre, LE CANADA S'EST ABSTENU (je souligne). La résolution demande l'établissement d'une mission d'enquête sur la bavure de l'artillerie israélienne qui a tué 19 Palestiniens, surtout des femmes et des enfants, le 8 novembre à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza. » (Agence France-Presse citée par Cyberpresse)
Plutôt cette semaine, « Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a par ailleurs décidé d'envoyer une mission d'enquête à Beit Hanoun, dans la foulée de cette attaque israélienne largement critiquée par la communauté internationale. La résolution, présentée par Bahreïn et le Pakistan, a été approuvée par 32 des 47 États membres du Conseil, dont 23 pays musulmans. Huit pays, DONT LE CANADA (je souligne), le Royaume-Uni et l'Allemagne ont voté contre la résolution. La France, le Japon et la Suisse sont au nombre des six pays qui se sont abstenus. » (Site Internet de Radio-Canada)
Tous se rendent compte que la politique extérieure du gouvernement canadien est devenue plus que jamais un quasi copie-coller de celle des Etats-Unis tant par rapport à Kyoto et au Moyen-Orient que par rapport à la Chine au point que Bay Street s'en inquiète (Le Devoir, 18/11/06, Manon Cornellier à la page éditoriale). Le plus inquiétant, cependant, est la faiblesse de la riposte du peuple canadien et québécois malgré les efforts du mouvement anti-guerre, ce qui laisse le terrain libre à la stigmatisation des communautés arabo-musulmanes au Canada même et de plus en plus au Québec. C’était comme si, au lieu de se mobiliser, on attendait le salut du retour des Libéraux fédéraux ou peut-être du PQ, tout comme le peuple étasunien mise sur le retour des Démocrates qui, encore une fois, le décevront.
Tel est le sens profond de ce débat à propos des « accommodements raisonnables » allègrement mis en évidence par l'ADQ, en mal de publicité pour ne pas sombrer dans l'oubli, et même par le chef du PQ sous prétexte de critiquer l'ADQ sur sa façon de faire le débat (Le Devoir, page A3, 18/11/06) sans oublier le premier ministre du Québec lui aussi à cheval sur les valeurs fondamentales de la société québécoise qu'il faut défendre (nouvelles NTR). Il ne s'agit pas de nier les problèmes, bien sûr, ni non plus d'éviter un débat public.
Il faut, cependant, sans cesse rappeler que la popularité des sectes et interprétations fondamentalistes des religions, dont le caractère sexiste et réactionnaire doit être systématiquement critiqué, et que l'afflux, tout relatif, des populations arabo-musulmanes au Canada et au Québec est le résultat inéluctable du néolibéralisme guerrier et, en creux, de la "tiédeur" de l'alternative de gauche, NPD et Québec solidaire, qui refusent d'en proposer une alternative anti-capitaliste ou même anti-néolibérale sauf parfois dans les discours du dimanche.
Rappelons que la Coalition Québec-Palestine exige du gouvernement canadien :
*L'arrêt immédiat des massacres et des incursions militaires israéliennes au Proche-Orient et spécifiquement en Palestine ;
*Le retrait immédiat de Israël des territoires occupés de Palestine, des fermes de Chebaâ et des Hauteurs du Golan (en Syrie), en vertu des résolutions de l'ONU (1402, 242 et 338) ;
*La libération des prisonniers :
* La libération immédiate, en vertu des principes de droit reconnus, des enfants, des femmes et des milliers de personnes non combattantes qui sont détenues pour des motifs sur lesquels Israël n'a pas juridiction ; la plupart étant des prisonniers d'opinion ou politiques ;
* Les personnes élues démocratiquement par le peuple palestinien doivent être libérées en priorité et de toute urgence;
* La libération des prisonniers de guerre détenus par toutes les parties, pour des raisons humanitaires et pour entamer un processus de paix juste ;
*La destruction du mur d'occupation construit dans les territoires occupés et qui, tel que statué par la Cour internationale de Justice, est illégal et aggrave les souffrances du peuple tout en concrétisant de façon systématique la spoliation des territoires et des ressources de la Palestine.
Marc Bonhomme
PALESTINEDiviser pour mieux régner
Les attaques israéliennes contre la population palestinienne de la bande de Gaza se sont multipliées. Israël cherche à déclencher une guerre civile en Palestine.
Aux portes de Gaza, samedi 11 novembre. Gaza, ce gigantesque camp de concentration, Gaza, à la densité la plus grande du monde, où les victimes que l’on dit collatérales sont inévitables, donc programmées, Gaza, cible trop facile pour les massacreurs de l’artillerie israélienne, Gaza la martyre : 200 Israéliens et une douzaine de militants palestiniens de Jérusalem-Est sont venus manifester, ce jour-là, leur honte et leur rage.
Depuis juillet, on a cessé de compter les morts, victimes des bombardements, des tirs de barrage, des incursions et des assassinats ciblés. Jusqu’à ce que, dans la ville de Beit Hanoun, vingt personnes d’une même famille soient tuées dans leur sommeil par une roquette de l’artillerie israélienne lancée - par erreur évidemment - sur un bâtiment situé en plein cœur d’un quartier populaire.
Arrêtons au moins l’hypocrisie : quand on bombarde avec des milliers d’obus et de roquettes un quartier populaire où vivent des dizaines de milliers de personnes, on sait que l’on va commettre un massacre. Les excuses du ministre de la Défense, Amir Peretz (Parti travailliste), et les explications gênées du Premier ministre, Ehud Olmert (Kadima, parti fondé par Ariel Sharon), insultent les victimes. Quant à l’Union européenne, la stupéfaction de ses porte-parole est une gifle pour chaque Palestinien.
Reconnaissons à George W. Bush qu’en usant de son veto à la déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant ce massacre, il faisait état de moins de tartuferie que ses collègues européens : on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs et, dans la lutte de survie de la civilisation judéo-chrétienne contre le terrorisme (musulman), on ne peut pas prendre de gants. À la guerre comme à la guerre... Après la guerre de cet été, au Liban, on est aujourd’hui en droit de se poser des questions de fond sur ce qu’on ne peut qu’appeler une politique de massacre. D’autant qu’elle se conjugue avec une politique similaire des États-Unis en Irak.
Plan génocidaire ? Certains, que la rage - légitime - aveugle, l’évoquent. Mais ni les États-Unis ni Israël ne pensent éradiquer l’existence de ceux qu’ils appellent des « peuples terroristes ». Même s’ils multipliaient par dix le nombre de leurs victimes quotidiennes, il leur faudrait plus d’un demi-siècle pour parvenir à leurs fins, et ceci uniquement concernant les résidents palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Provoquer un exode de masse ? S’il ne fait pas de doute que le « transfert » est un fantasme profondément ancré dans l’inconscient de la grande majorité des sionistes, rien n’indique que le terrorisme d’État d’Israël soit en mesure de provoquer un tel exode. Le fait est que le rapport démographique entre Israéliens juifs et Palestiniens continue, systématiquement, être déséquilibré en faveur de ces derniers.
En fait, à travers ces massacres, les dirigeants israéliens recherchent la destruction de la Palestine en tant que nation - ce que le sociologue israélien Baruch Kimerling appelle un « politicide » et son homologue palestinien, Salah Abdel Jawad, un « sociocide ». Tout comme les néoconservateurs américains ont mené la guerre en Irak avec la volonté de détruire l’État irakien, en transformant cet État arabe en un ensemble d’entités ethniques. C’est pourquoi, il est indispensable, dans cette stratégie, de fomenter des guerres civiles, ethniques si possible. En Palestine, les tentatives d’opposer la minorité chrétienne aux musulmans ont fait long feu, et ce depuis les premiers jours de l’occupation israélienne : la force du sentiment national a réduit à néant ce rêve sioniste, vieux comme le colonialisme lui-même. C’est donc une guerre civile politique que les stratèges israéliens et américains ont essayé de fomenter, en posant à Yasser Arafat l’éradication du terrorisme comme l’une des exigences du processus d’Oslo. Mais, rapidement, et une fois les réseaux neutralisés, l’exigence s’est transformée en « éradication de l’infrastructure terroriste », autre façon de dire que l’Autorité palestinienne devait écraser le mouvement Hamas. Sur cette question, plus encore que sur d’autres, Yasser Arafat a été intransigeant, répétant à qui voulait l’entendre que la Palestine ne serait pas l’Algérie, et qu’il ne fomenterait pas une guerre civile entre « islamistes » et « laïques ».
Unité nationale
La neutralisation de Yasser Arafat, à partir de 2001, a été le résultat de ce refus de fomenter une guerre civile interpalestinienne. Pour sa part, la société palestinienne a répondu à ce chantage en donnant au Hamas une majorité au Conseil législatif. Face à cette provocation, les Israéliens et les Américains, mais aussi les Européens, ont répondu en imposant un blocus criminel contre le peuple palestinien, tout en laissant entendre que, si le président Abbas mettait à bas le gouvernement élu, les sanctions pouvaient être levées. En arrière-plan, se dessine l’espoir de voir une partie de la société palestinienne, menée par l’aile droite du Fatah, se soulever contre le gouvernement légitime, et provoquer ainsi la guerre civile.
L’atomisation de l’espace palestinien, résultat de la politique de bouclage dont le mur n’est que l’élément le plus visible, la misère imposée par le blocus, le vol par Israël de sommes immenses qui appartiennent à l’Autorité palestinienne, et le refus de certains cadres du Fatah d’accepter le choix populaire créent une situation extrêmement instable et lourde de conflits internes de plus en plus graves. À Gaza, il y a déjà eu plusieurs morts dus à des conflits qui sont tout autant des conflits claniques que des conflits interfractionnels. Si l’unité nationale reste un facteur déterminant dans la politique palestinienne et dans le sentiment populaire, et si la haine de l’occupant reste plus forte que les conflits internes, il y a néanmoins lieu de craindre qu’à moyen terme, la situation ne dégénère. L’Irak est là pour nous le rappeler.
De Jérusalem, Michel Warschawski
Source : Rouge, hebdomadaire de la LCR, France : http://www.lcr-rouge.org
2006-11-17 00:08:33
ÉTATS-UNISGeorge Bush prend une claque
La cohabitation qui s’annonce pour 2007-2008 aux États-Unis a des airs de défaite retentissante pour Bush et son administration. C’est déjà une victoire pour tous ceux qui ont tenté de leur résister. Reste à savoir qui a réellement gagné.
Compte tenu de leur impuissance institutionnelle totale depuis des années, les démocrates américains ont obtenu un grand succès, mardi 7 novembre, en faisant basculer la majorité du Congrès. Ce basculement a été comparé à la victoire électorale des républicains au milieu du premier mandat de Clinton, en 1994, début de leur période de domination qui a duré jusqu’à aujourd’hui. Cependant, même si ce vote a été largement tourné contre le gouvernement fédéral, la nouvelle minorité reste en position de freinage (notamment au Sénat, démocrate à un siège près, ou grâce aux juges conservateurs nommés à la Cour suprême), voire de blocage (pouvoir de veto du président). Jusqu’à nouvel ordre, c’en est fini du règne d’un seul parti, mais on peut s’interroger sur les conséquences de ce rapport de force serré, au-delà de la satisfaction actuelle de Wall Street.
L’élection a été marquée par un vote contre Bush et la gestion de l’Irak (plutôt qu’un vote contre la guerre) ; le vieux « faucon » Donald Rumsfeld en a déjà fait les frais, ce dont on ne peut que se réjouir. Mais la prochaine étape semble être entre les mains d’une commission, créée au printemps, qui réunit démocrates et républicains. Sous l’influence des proches de Bush père, les deux camps se gardent bien de prendre des positions définitives, surtout sur le degré d’investissement dans la guerre. Quoi qu’il en soit des conclusions futures de la commission, on parle de discussions avec l’Iran ou la Syrie et d’une approche plus multilatérale. Il suffit de penser au passé des hommes de Bush père pour saisir les limites du basculement. C’est l’occasion de rappeler la catastrophe qu’est cette guerre, mais aussi le sens des mots « solution diplomatique » : sauvegarde moins arrogante mais tenace des intérêts des États-Unis, dans cette seconde guerre du Golfe comme dans la première. Nombre d’électeurs ont sanctionné les mensonges, mais continuent à défendre la « guerre contre le terrorisme », mère de toutes les escalades (Iran, Palestine, Liban), et des réformes liberticides (États-Unis).
Les démocrates ont, parfois, fait campagne sur la limitation du prix des médicaments, la hausse du salaire minimum ou un protectionnisme économique pour l’emploi. Mais c’est aussi par un glissement progressif vers la droite qu’ils ont conquis le Congrès, jurant de ne pas augmenter les impôts. On peut parler d’une défaite pour le camp néoconservateur, mais pas d’une victoire de la « gauche ». Sur de nombreux thèmes, les scrutins locaux ont donné des résultats réactionnaires. L’immigration est un exemple de thème sur lequel un terrain d’entente bipartisan peut être trouvé, mais ce terrain serait proche du second projet de loi de ce printemps, encore très réactionnaire. Dans ces conditions, les propositions de politique énergétique, alimentées par la géostratégie du pétrole et ses coûts grandissants, ont toutes les chances de profiter aux producteurs plus qu’aux usagers, sans réel progrès écologique.
La nouvelle majorité démocrate a donc hérité d’une situation assez bloquée. Elle devra pourtant faire la différence dans ce qui est déjà une précampagne pour la présidentielle de 2008. Ce dilemme en rappelle de précédents : en 1974 et en 1986, une victoire importante des démocrates s’était soldée, deux ans plus tard, par la victoire d’un démocrate très à droite (Carter, 1976) ou d’un républicain (Bush père, 1988), loin de l’image d’une nouvelle ère renvoyée par certains médias. Il est donc trop tôt pour juger. On peut simplement penser que cette cohabitation est un bon moment pour dénoncer le vrai visage des deux partis au pouvoir ou, du moins, dans le cas d’un blocage des institutions, de développer face à lui des mobilisations sociales et anti-impérialistes des minorités et des travailleurs.
Simon Marceau
Source : Rouge, hebdomadaire de la LCR, France : http://www.lcr-rouge.org
****************************
13/11/2006 /07:56 / Catégorie :Critique de
la critique
13 novembre 2006
La polarisation de Québec solidaire entre direction sociale-libérale et une base antinéolibérale ouvre la porte à une direction anticapitaliste et indépendantiste

Si le congrès de fondation de Québec solidaire en février 2006 s’était fait dans la relative harmonie d’un congrès-spectacle, malgré la ratée du logo, le refus de donner une quelconque autonomie à la commission sur l’environnement et une pirouette de la direction nationale à propos du contrôle de la commission politique
( http://minilien.com/?hXZdZQ9tFl ) , tel ne fut pas le cas des deux Conseils nationaux qui l’ont suivi. Celui de mai 2006 a vu la direction nationale défaite sur la question des priorités de travail et fortement contestée sur l’encadrement du processus d’élaboration de la plate-forme ( http://minilien.com/?bYmHHJNkdi ) . Si celui d’octobre 2006 a évité un dur débat sur l’Afghanistan ( http://minilien.com/?OaSpyBkqyg ), c’est seulement parce que la direction nationale s’était rallié à la position du retrait des troupes canadiennes avant sa tenue.
S’est enfin ouverte, à la fin octobre 2006, la période des débats à la base sur la plate-forme même si tout doit être bâclé en moins d’un mois, conséquence de l’ultra-verticalisme de la direction nationale ( http://minilien.com/?MsnzszGlB4 ). La direction nationale a poussé sa mainmise jusqu’à ne pas retenir dans sa proposition synthèse, la seule soumise au débat et amendable, la grande majorité des propositions antinéolibérales et certaines anticapitalistes de ses commissions thématiques, seules concessions à la base du parti sous forme de volontariat individuel ( http://minilien.com/?c0pH6eO7TT ) .
Pour lire le texte complet :
La polarisation de Québec solidaire entre direction sociale-libérale et une base antinéolibérale ouvre la porte à une direction anticapitaliste et indépendantiste

Si le congrès de fondation de Québec solidaire en février 2006 s’était fait dans la relative harmonie d’un congrès-spectacle, malgré la ratée du logo, le refus de donner une quelconque autonomie à la commission sur l’environnement et une pirouette de la direction nationale à propos du contrôle de la commission politique
( http://minilien.com/?hXZdZQ9tFl ) , tel ne fut pas le cas des deux Conseils nationaux qui l’ont suivi. Celui de mai 2006 a vu la direction nationale défaite sur la question des priorités de travail et fortement contestée sur l’encadrement du processus d’élaboration de la plate-forme ( http://minilien.com/?bYmHHJNkdi ) . Si celui d’octobre 2006 a évité un dur débat sur l’Afghanistan ( http://minilien.com/?OaSpyBkqyg ), c’est seulement parce que la direction nationale s’était rallié à la position du retrait des troupes canadiennes avant sa tenue.
S’est enfin ouverte, à la fin octobre 2006, la période des débats à la base sur la plate-forme même si tout doit être bâclé en moins d’un mois, conséquence de l’ultra-verticalisme de la direction nationale ( http://minilien.com/?MsnzszGlB4 ). La direction nationale a poussé sa mainmise jusqu’à ne pas retenir dans sa proposition synthèse, la seule soumise au débat et amendable, la grande majorité des propositions antinéolibérales et certaines anticapitalistes de ses commissions thématiques, seules concessions à la base du parti sous forme de volontariat individuel ( http://minilien.com/?c0pH6eO7TT ) .
Pour lire le texte complet :
****************************
11/11/2006 /10:17 / Catégorie :Commentaires
11 novembre 2006
Canada, États-Unis, Pologne et Pakistan :
Riposte des femmes contre les reculs néolibéraux
« Frances Russell, du Winnipeg Free Press, s'inquiète des politiques du gouvernement Harper à l'endroit des femmes. Après la disparition du programme de garderies, la fin du programme de contestation judiciaire, les compressions à Condition féminine Canada et les commentaires sexistes de certains conservateurs, voilà qu'Ottawa veut permettre aux couples âgés de combiner leurs revenus pour fins d'impôt. Or, dit-elle, cette mesure n'aide en rien 43 % des femmes âgées qui vivent seules et affichent le plus haut taux de pauvreté. De plus, l'intérêt du ministre des Finances à étendre la mesure à tous les couples va à l'encontre d'une recommandation faite par un comité parlementaire en 1999. Combiner les revenus, comme le souhaitent avec ardeur les conservateurs sociaux, favorise les couples ayant un seul revenu très élevé. Plus ce dernier est haut, plus le partage entre deux personnes devient intéressant. Par contre, si les deux conjoints travaillent, celui qui a le plus faible revenu, en général la femme, peut se retrouver à payer plus d'impôt puisque le revenu sera taxé à un taux plus élevé. Ceci peut décourager bien des femmes de rester sur le marché du travail, exactement ce que veulent les conservateurs sociaux, soutient Russell, qui ne dit pas cependant si le couplage des revenus sera volontaire ou non. » (Manon Cornellier dans Le Devoir des 11/12 novembre 2006)
En effet, le néolibéralisme, et le néolibéralisme guerrier en particulier, fait immanquablement reculer les droits des femmes y compris sur la question essentielle du droit à l'avortement et de l'illégalité du viol. Dans l'État étasunien du Dakota du Sud, le gouvernement de l'État avait passé une loi banissant pratiquement le droit à l'avortement. Heureusement, à l'occasion des élections fédérales de mardi dernier, par un référendum officiel proposé par les groupes pro-choix la population de cet État s'est prononcé très majoritairement contre cette loi réactionnaire. En Pologne, des manifestations sont organisées contre une proposition de loi abolissant le droit à l'avortement par le gouvernement d'extrême droite qui, comme par hasard, augmentera son contingent en Afghanistan. Au Pakistan, enfin, les partis fondamentalistes sur lesquels s'appuient le gouvernement pro-étasunien sert d'excuse pour ne pas amender cette terrible loi voté par un ancien gouvernement militaire fondamentaliste, loi qui en pratique légalise le viol.
Marc Bonhomme
Manifestation pour le droit à l’avortement en Pologne
Alors que le Parlement polonais débat d’une modification de la Constitution visant l’interdiction absolue de l’avortement (lire Rouge n° 2179), le 4 novembre, sous la pluie et la neige, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Varsovie pour l’avortement libre et gratuit. Les manifestantes scandaient : « L’avortement est un choix », « La Pologne sera libre quand les Polonaises le seront ». Elles portaient également des pancartes, sur lesquelles on lisait : « L’avortement est un droit des femmes », « Nous exigeons l’avortement légal, assez de l’enfer pour les femmes ».
Prenant la parole, Wanda Nowicka, dirigeante de la Fédération pour les femmes et le planning familial, également candidate à la mairie de Varsovie au nom du Parti polonais du travail (PPP), a déclaré : « Comme des millions de femmes en Pologne, moi aussi, j’ai avorté. Ma mère a avorté, ma grand-mère a failli mourir lors d’un avortement clandestin. Les femmes ont toujours avorté, et c’est un mauvais État que celui qui oblige les femmes à accoucher. »
Selon Boguslaw Zietek, président du syndicat libre Août 80 et du PPP, « la place d’un mouvement syndical et d’une gauche véritable est dans les manifestations qui luttent pour le droit des femmes. Nous sommes contre toute discrimination et les femmes sont discriminées doublement ». Selon lui, « les inventions de la LPR [extrême droite gouvernementale] conduiraient à ce que la situation des femmes soit une malédiction », si le Parlement les adoptait.
Rouge, 9 novembre 2006
PAKISTAN
Du statut de victime à celui de coupable
Le gouvernement pakistanais s’était engagé à amender des lois transformant les victimes de viol en « coupables » d’adultère. Mais il recule sous la pression des partis religieux.
Les ordonnances Hudood, instaurées en 1979 sous la dictature militaire du général Zia-ul-Haq, criminalisent les relations hors mariage et ont aggravé la situation des Pakistanaises victimes de violences. Pour prouver un viol, elles doivent présenter quatre témoins mâles. Dans n’importe quel pays, il serait, la plupart du temps, impossible de répondre à une telle obligation. Au Pakistan, en outre, les éventuels témoins seront soumis à des pressions pouvant aller jusqu’à la menace de mort de la part de la famille, du clan ou de la tribu de l’homme mis en cause.
Pire encore, si une plaignante ne peut « prouver » le viol, la justice considère qu’elle a avoué un crime d’adultère. La victime devient la coupable et risque jusqu’à cinq ans de prison. Avec ces ordonnances, la police dispose d’un redoutable instrument de chantage contre les victimes de violences et les femmes des milieux populaires se trouvent démunies face à des tribunaux locaux composés de juges machistes.
Depuis vingt ans, les mouvements de défense des droits humains, les organisations féministes et progressistes luttent pour l’abrogation de ces ordonnances. Le régime du général Pervez Musharraf, soucieux de son image internationale, a annoncé qu’il allait les amender (et non les abroger). Il s’agissait notamment de retirer du code pénal les rapports sexuels consentis et de permettre la libération sous caution des 1 300 Pakistanaises en détention pour des faits autres que le vol, le meurtre ou le terrorisme.
Le gouvernement peut obtenir une majorité pour amender les ordonnances Hudood - une mesure qui resterait très insuffisante. Pourtant, il se refuse à passer à l’acte, préfèrant ne pas s’aliéner la coalition de partis religieux comme Muttahida Majlis-e-Amal (MMA) ou Front uni d’action. Des modifications au projet sont évoquées, qui qualifieraient de nouveau de crime les rapports sexuels hors mariage et qui exigeraient que la loi soit en conformité avec le Coran et autres fondements de la tradition, alors que l’interprétation de la Charia est le prétexte aux affrontements meurtriers entre sectes musulmanes.
De nombreuses mobilisations exigent l’abrogation d’ordonnances qui, pour reprendre les termes d’un éditorial du quotidien de langue anglaise Dawn, « identifient le viol à l’adultère », « permettent de condamner les victimes » et facilitent les « abus » policiers. Dans un rapport de 2002, la Commission des droits humains du Pakistan souligne qu’une femme est violée toutes les deux heures et qu’un viol collectif, une « tournante », est commis toutes les huit heures. Une estimation jugée inférieure à la réalité, tant le silence règne en ce domaine, du fait des tabous sociaux, des lois discriminatoires et de la stigmatisation des victimes par la police.
Pierre Rousset
Rouge, 9 novembre 2006
Canada, États-Unis, Pologne et Pakistan :
Riposte des femmes contre les reculs néolibéraux
« Frances Russell, du Winnipeg Free Press, s'inquiète des politiques du gouvernement Harper à l'endroit des femmes. Après la disparition du programme de garderies, la fin du programme de contestation judiciaire, les compressions à Condition féminine Canada et les commentaires sexistes de certains conservateurs, voilà qu'Ottawa veut permettre aux couples âgés de combiner leurs revenus pour fins d'impôt. Or, dit-elle, cette mesure n'aide en rien 43 % des femmes âgées qui vivent seules et affichent le plus haut taux de pauvreté. De plus, l'intérêt du ministre des Finances à étendre la mesure à tous les couples va à l'encontre d'une recommandation faite par un comité parlementaire en 1999. Combiner les revenus, comme le souhaitent avec ardeur les conservateurs sociaux, favorise les couples ayant un seul revenu très élevé. Plus ce dernier est haut, plus le partage entre deux personnes devient intéressant. Par contre, si les deux conjoints travaillent, celui qui a le plus faible revenu, en général la femme, peut se retrouver à payer plus d'impôt puisque le revenu sera taxé à un taux plus élevé. Ceci peut décourager bien des femmes de rester sur le marché du travail, exactement ce que veulent les conservateurs sociaux, soutient Russell, qui ne dit pas cependant si le couplage des revenus sera volontaire ou non. » (Manon Cornellier dans Le Devoir des 11/12 novembre 2006)
En effet, le néolibéralisme, et le néolibéralisme guerrier en particulier, fait immanquablement reculer les droits des femmes y compris sur la question essentielle du droit à l'avortement et de l'illégalité du viol. Dans l'État étasunien du Dakota du Sud, le gouvernement de l'État avait passé une loi banissant pratiquement le droit à l'avortement. Heureusement, à l'occasion des élections fédérales de mardi dernier, par un référendum officiel proposé par les groupes pro-choix la population de cet État s'est prononcé très majoritairement contre cette loi réactionnaire. En Pologne, des manifestations sont organisées contre une proposition de loi abolissant le droit à l'avortement par le gouvernement d'extrême droite qui, comme par hasard, augmentera son contingent en Afghanistan. Au Pakistan, enfin, les partis fondamentalistes sur lesquels s'appuient le gouvernement pro-étasunien sert d'excuse pour ne pas amender cette terrible loi voté par un ancien gouvernement militaire fondamentaliste, loi qui en pratique légalise le viol.
Marc Bonhomme
Manifestation pour le droit à l’avortement en Pologne
Alors que le Parlement polonais débat d’une modification de la Constitution visant l’interdiction absolue de l’avortement (lire Rouge n° 2179), le 4 novembre, sous la pluie et la neige, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Varsovie pour l’avortement libre et gratuit. Les manifestantes scandaient : « L’avortement est un choix », « La Pologne sera libre quand les Polonaises le seront ». Elles portaient également des pancartes, sur lesquelles on lisait : « L’avortement est un droit des femmes », « Nous exigeons l’avortement légal, assez de l’enfer pour les femmes ».
Prenant la parole, Wanda Nowicka, dirigeante de la Fédération pour les femmes et le planning familial, également candidate à la mairie de Varsovie au nom du Parti polonais du travail (PPP), a déclaré : « Comme des millions de femmes en Pologne, moi aussi, j’ai avorté. Ma mère a avorté, ma grand-mère a failli mourir lors d’un avortement clandestin. Les femmes ont toujours avorté, et c’est un mauvais État que celui qui oblige les femmes à accoucher. »
Selon Boguslaw Zietek, président du syndicat libre Août 80 et du PPP, « la place d’un mouvement syndical et d’une gauche véritable est dans les manifestations qui luttent pour le droit des femmes. Nous sommes contre toute discrimination et les femmes sont discriminées doublement ». Selon lui, « les inventions de la LPR [extrême droite gouvernementale] conduiraient à ce que la situation des femmes soit une malédiction », si le Parlement les adoptait.
Rouge, 9 novembre 2006
PAKISTAN
Du statut de victime à celui de coupable
Le gouvernement pakistanais s’était engagé à amender des lois transformant les victimes de viol en « coupables » d’adultère. Mais il recule sous la pression des partis religieux.
Les ordonnances Hudood, instaurées en 1979 sous la dictature militaire du général Zia-ul-Haq, criminalisent les relations hors mariage et ont aggravé la situation des Pakistanaises victimes de violences. Pour prouver un viol, elles doivent présenter quatre témoins mâles. Dans n’importe quel pays, il serait, la plupart du temps, impossible de répondre à une telle obligation. Au Pakistan, en outre, les éventuels témoins seront soumis à des pressions pouvant aller jusqu’à la menace de mort de la part de la famille, du clan ou de la tribu de l’homme mis en cause.
Pire encore, si une plaignante ne peut « prouver » le viol, la justice considère qu’elle a avoué un crime d’adultère. La victime devient la coupable et risque jusqu’à cinq ans de prison. Avec ces ordonnances, la police dispose d’un redoutable instrument de chantage contre les victimes de violences et les femmes des milieux populaires se trouvent démunies face à des tribunaux locaux composés de juges machistes.
Depuis vingt ans, les mouvements de défense des droits humains, les organisations féministes et progressistes luttent pour l’abrogation de ces ordonnances. Le régime du général Pervez Musharraf, soucieux de son image internationale, a annoncé qu’il allait les amender (et non les abroger). Il s’agissait notamment de retirer du code pénal les rapports sexuels consentis et de permettre la libération sous caution des 1 300 Pakistanaises en détention pour des faits autres que le vol, le meurtre ou le terrorisme.
Le gouvernement peut obtenir une majorité pour amender les ordonnances Hudood - une mesure qui resterait très insuffisante. Pourtant, il se refuse à passer à l’acte, préfèrant ne pas s’aliéner la coalition de partis religieux comme Muttahida Majlis-e-Amal (MMA) ou Front uni d’action. Des modifications au projet sont évoquées, qui qualifieraient de nouveau de crime les rapports sexuels hors mariage et qui exigeraient que la loi soit en conformité avec le Coran et autres fondements de la tradition, alors que l’interprétation de la Charia est le prétexte aux affrontements meurtriers entre sectes musulmanes.
De nombreuses mobilisations exigent l’abrogation d’ordonnances qui, pour reprendre les termes d’un éditorial du quotidien de langue anglaise Dawn, « identifient le viol à l’adultère », « permettent de condamner les victimes » et facilitent les « abus » policiers. Dans un rapport de 2002, la Commission des droits humains du Pakistan souligne qu’une femme est violée toutes les deux heures et qu’un viol collectif, une « tournante », est commis toutes les huit heures. Une estimation jugée inférieure à la réalité, tant le silence règne en ce domaine, du fait des tabous sociaux, des lois discriminatoires et de la stigmatisation des victimes par la police.
Pierre Rousset
Rouge, 9 novembre 2006
****************************
04/11/2006 /10:18 / Catégorie :Commentaires
4 novembre 2006
Kyoto : rien ne va plus

Manif de Montréal, 4/11/06
Source : Radio-Canada
À la veille de la conférence de Nairobi sur les changements climatiques, deux annonces, coup sur coup, l'une, un rapport du gouvernement anglais, annonçant une crise économique majeure due à l'aggravation de l'effet de serre, l'autre, une étude canado-étasunienne publiée dans "Science", annonçant la disparition des océans d'ici 2050 des poissons et crustacés consommés par les humains, viennent sonner l'alarme. Il est possible que la sous-estimation d'hier se soit mutée en sur-estimation. Il ne faut pas sous-estimer, justement, les tactiques du néolibéralisme guerrier, en particulier de son aile "critique" de la stratégie étasunienne (et canadienne) de la guerre à outrance qui s'enlise. Les crises idéologique -- qui croit encore que le libre-échange crée prospérité et bonheur ? -- et politique du néolibéralisme guerrier, qui pourrait s'amplifier par une crise économique particulièrement en Amérique du Nord, oblige la bourgeoisie mondiale à approfondir les peurs pour pouvoir continuer à contrôler la contestation d'en bas. À la peur de l'islamisme fondamentaliste, qui s'estompe car il n'arrive pas renouveler un 11 septembre aux ÉU, le capital voudrait ajouter celle de la revanche du ciel et des mers.
Car les opinions publics, y compris aux ÉU, tournent à gauche. Lors de l'élection de mardi aux ÉU les républicains va-t'en-guerre risquent de passer à la trappe tellement la guerre y devient impopulaire malgré l'ineptie des Démocrates qui ne tardera pas à se révéler s'ils prennent le contrôle des chambres. Idem en Europe, y compris en Grande-Bretagne (voir le "sondage mondial" de La Presse du 3/11/06), où l'électorat français et néerlandais a mis en échec le projet constitutionnel de la bourgeoisie européenne. Idem en Chine où se multiplient les protestations ouvrières et paysannes : pour ne pas faire suffoquer les délégations africaines dans la pollution de Pékin, on donne congé à la ville ! Ou bien l'on se résigne à ce que l'équilibre écologique de la planète aille de mal en pis sans que l'on puisse rien y faire sauf à s'en prémunir en confiant notre sécurité -- car il s'agit bien de dérive sécuritaire qui fait le jeu de la droite et de l'extrême droite -- à des gouvernements de sécurité nationale et de guerres préventives ou "humanitaires". Ou bien l'on mise sur une « révolution énergétique » dont on connaît bien et les lignes de force et les technologies émergentes mais que le capitalisme, néolibéral ou réformiste à l'européenne, est incapable d'implanter sauf à la marge tellement il est dominé par le complexe auto-pétrole-bungalow-sécuritaire-militaire et, plus profondément, par l'accumulation du capital aiguillonnée par la loi de la concurrence et dont la vision historique est "Après moi, le déluge".
Ce n'est pas le plan vert des Libéraux québécois, encore moins celui des Conservateurs pour les Calendes grecques, et encore moins celui inexistant du gouvernement étasunien qui annonce ce nécessaire tournant à 180 degrés. On se demande pourquoi le NPD veut faciliter la tâche aux Conservateurs pour ne pas devoir forcer l'opposition, au plus grand soulagement du Bloc et des Libéraux fédéraux, à déclencher des élections sur la base du rejet à la Chambre du plan Conservateur : on rêverait d'une campagne électorale canadienne sur la question de l'écologie. On réalise dramatiquement la soumission de la direction péquiste aux intérêts de l'entreprise privée à qui elle veut remettre le développement éolien : rien d'étonnant qu'elle n'est aucune critique sérieuse du plan Charest dont finalement elle accepte la privatisation partielle du Mont Orford après avoir déchiré sa chemise en public. On enregistre bien la critique sérieuse de la direction de Québec solidaire de ce plan vert mais on se demande pourquoi cette critique ne débouche pas sur des engagements chiffrés, comme elle l'avait promis, dans sa proposition de plate-forme où elle refuse même de s'engager clairement sur la nationalisation de l'éolien derrière la direction de la FTQ et le Conseil national du PQ aiguillonné par le SPQ-libre.
Marc Bonhomme
Révolution énergétique
Les changements climatiques sont aujourd’hui au cœur de la crise écologique. C’est sans doute ce phénomène qui symbolise le mieux l’impasse dans laquelle s’enferme le système capitaliste et productiviste. Phénomène planétaire, qui nécessite donc des réponses à une telle échelle, il agit comme un révélateur de l’ampleur de la crise actuelle, des inégalités et de la responsabilité des pays riches, de leurs industries, de leurs modes de transports ou de leur agriculture. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle étude ne vienne confirmer la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique en cours. La température actuelle est la plus haute depuis 12 000 ans, elle est juste inférieure de un degré centigrade à la température la plus haute enregistrée depuis un million d’années. Et l’augmentation de la température est prévue entre 1,4 et 5,8 °C pour la fin du siècle.
Cela dit, les prémisses des catastrophes à venir sont déjà là. Le cyclone Katrina, outre le traitement inégalitaire face à la catastrophe qu’il a révélé, a mis en lumière d’une part l’augmentation de l’intensité et de la durée des cyclones, qu’on peut corréler à la hausse de la température de l’Atlantique nord et, d’autre part, la façon dont la destruction des écosystèmes fragilise les protections naturelles contre les ouragans. Les réfugiés climatiques se multiplient : en Polynésie, plusieurs îles sont menacées de disparition du fait des inondations de plus en plus fréquentes. Les déplacements forcés de populations sont estimés à 150 millions d’ici 2050. Déjà, certains Etats (Australie, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande...) se préparent à refouler ces réfugiés.
Si le consensus scientifique est à peu près établi quant aux risques à venir, il n’en va pas de même pour les solutions à apporter. Rien d’étonnant quand on observe à quel point le capitalisme, depuis ses origines, repose sur l’usage massif d’énergies fossiles, le charbon d’abord, puis le pétrole. Remettre radicalement en cause cet usage des énergies fossiles, c’est remettre en cause le fonctionnement du capitalisme. C’est pourquoi les mesures négociées au niveau international par la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1992), puis par le protocole de Kyoto sont au mieux insuffisantes, au pire perverses. L’engagement a été pris par les signataires de Kyoto, mais pas les Etats-Unis, de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport à 1990. Mais cet engagement est fortement assoupli par les mécanismes de flexibilité qui permettent aux pays les plus émetteurs d’acheter des quotas d’émissions à ceux qui émettent moins que ce à quoi ils ont droit.
La période d’engagement de Kyoto se termine en 2012, les négociations de la conférence de Nairobi, qui débute le 6 novembre, doivent définir les objectifs de réduction des pays industrialisés après 2012. Mais nul de remet en cause les tours de passe-passe néolibéraux qui, plutôt que d’agir vraiment pour limiter les changements climatiques, sont en train de constituer un marché du carbone qui profitera à quelques entreprises. Il y a pourtant des aspects positifs dans le protocole de Kyoto : objectifs de réduction chiffrés, échéances précises, report sur la période suivante en cas d’objectif non atteint, recours limité aux puits de carbone, prise en compte des différences entre pays industrialisés et ceux qui ne le sont pas... Il faut défendre ces objectifs contre toutes les pressions néolibérales, mais, au-delà, il faut opposer une stratégie alternative qui batte en brèche le dogme selon lequel la consommation énergétique doit nécessairement augmenter dans tous les pays.
La réduction massive des émissions doit être la dimension centrale de cette stratégie, en favorisant la sobriété et l’efficacité énergétiques et le remplacement des énergies fossiles par des énergies propres. Cela implique de mettre en place des normes contraignantes sur le bâtiment (un tiers de la consommation d’énergie mondiale), l’industrie (20 % des émissions françaises), l’agriculture (19,5 %) ou les transports. Les solutions technologiques n’y suffiront pas. C’est bien une réorganisation de l’économie, et donc de la société, qu’on doit viser, réorganisation qui satisfasse les besoins sociaux et environnementaux ; d’autant que lancer un plan d’économies d’énergies et de développement des énergies propres créerait des milliers d’emplois. Cela doit s’accompagner d’une modification profonde des rapports Nord-Sud qui permette aux pays pauvres de se développer, ce qui implique un usage massif d’énergies, mais sans reproduire le type de développement qu’ont connu les pays industrialisés, d’où la nécessité d’un transfert de technologies propres.
Les débats sur les moyens de réduire les changements climatiques doivent sortir des sphères confinées des négociations internationales et des rapports entre grandes puissances. Ils doivent devenir l’enjeu de mobilisations sociales. La journée internationale d’actions contre le changement climatique, le 4 novembre, doit être un premier pas vers de tels mouvements. Au delà, cette question doit être au cœur de nos propositions pour une alternative au libéralisme.
Vincent Gay
Source : Rouge, 2 novembre 2006, hebdomadaire de la LCR, France
Kyoto : rien ne va plus

Manif de Montréal, 4/11/06
Source : Radio-Canada
À la veille de la conférence de Nairobi sur les changements climatiques, deux annonces, coup sur coup, l'une, un rapport du gouvernement anglais, annonçant une crise économique majeure due à l'aggravation de l'effet de serre, l'autre, une étude canado-étasunienne publiée dans "Science", annonçant la disparition des océans d'ici 2050 des poissons et crustacés consommés par les humains, viennent sonner l'alarme. Il est possible que la sous-estimation d'hier se soit mutée en sur-estimation. Il ne faut pas sous-estimer, justement, les tactiques du néolibéralisme guerrier, en particulier de son aile "critique" de la stratégie étasunienne (et canadienne) de la guerre à outrance qui s'enlise. Les crises idéologique -- qui croit encore que le libre-échange crée prospérité et bonheur ? -- et politique du néolibéralisme guerrier, qui pourrait s'amplifier par une crise économique particulièrement en Amérique du Nord, oblige la bourgeoisie mondiale à approfondir les peurs pour pouvoir continuer à contrôler la contestation d'en bas. À la peur de l'islamisme fondamentaliste, qui s'estompe car il n'arrive pas renouveler un 11 septembre aux ÉU, le capital voudrait ajouter celle de la revanche du ciel et des mers.
Car les opinions publics, y compris aux ÉU, tournent à gauche. Lors de l'élection de mardi aux ÉU les républicains va-t'en-guerre risquent de passer à la trappe tellement la guerre y devient impopulaire malgré l'ineptie des Démocrates qui ne tardera pas à se révéler s'ils prennent le contrôle des chambres. Idem en Europe, y compris en Grande-Bretagne (voir le "sondage mondial" de La Presse du 3/11/06), où l'électorat français et néerlandais a mis en échec le projet constitutionnel de la bourgeoisie européenne. Idem en Chine où se multiplient les protestations ouvrières et paysannes : pour ne pas faire suffoquer les délégations africaines dans la pollution de Pékin, on donne congé à la ville ! Ou bien l'on se résigne à ce que l'équilibre écologique de la planète aille de mal en pis sans que l'on puisse rien y faire sauf à s'en prémunir en confiant notre sécurité -- car il s'agit bien de dérive sécuritaire qui fait le jeu de la droite et de l'extrême droite -- à des gouvernements de sécurité nationale et de guerres préventives ou "humanitaires". Ou bien l'on mise sur une « révolution énergétique » dont on connaît bien et les lignes de force et les technologies émergentes mais que le capitalisme, néolibéral ou réformiste à l'européenne, est incapable d'implanter sauf à la marge tellement il est dominé par le complexe auto-pétrole-bungalow-sécuritaire-militaire et, plus profondément, par l'accumulation du capital aiguillonnée par la loi de la concurrence et dont la vision historique est "Après moi, le déluge".
Ce n'est pas le plan vert des Libéraux québécois, encore moins celui des Conservateurs pour les Calendes grecques, et encore moins celui inexistant du gouvernement étasunien qui annonce ce nécessaire tournant à 180 degrés. On se demande pourquoi le NPD veut faciliter la tâche aux Conservateurs pour ne pas devoir forcer l'opposition, au plus grand soulagement du Bloc et des Libéraux fédéraux, à déclencher des élections sur la base du rejet à la Chambre du plan Conservateur : on rêverait d'une campagne électorale canadienne sur la question de l'écologie. On réalise dramatiquement la soumission de la direction péquiste aux intérêts de l'entreprise privée à qui elle veut remettre le développement éolien : rien d'étonnant qu'elle n'est aucune critique sérieuse du plan Charest dont finalement elle accepte la privatisation partielle du Mont Orford après avoir déchiré sa chemise en public. On enregistre bien la critique sérieuse de la direction de Québec solidaire de ce plan vert mais on se demande pourquoi cette critique ne débouche pas sur des engagements chiffrés, comme elle l'avait promis, dans sa proposition de plate-forme où elle refuse même de s'engager clairement sur la nationalisation de l'éolien derrière la direction de la FTQ et le Conseil national du PQ aiguillonné par le SPQ-libre.
Marc Bonhomme
Révolution énergétique
Les changements climatiques sont aujourd’hui au cœur de la crise écologique. C’est sans doute ce phénomène qui symbolise le mieux l’impasse dans laquelle s’enferme le système capitaliste et productiviste. Phénomène planétaire, qui nécessite donc des réponses à une telle échelle, il agit comme un révélateur de l’ampleur de la crise actuelle, des inégalités et de la responsabilité des pays riches, de leurs industries, de leurs modes de transports ou de leur agriculture. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle étude ne vienne confirmer la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique en cours. La température actuelle est la plus haute depuis 12 000 ans, elle est juste inférieure de un degré centigrade à la température la plus haute enregistrée depuis un million d’années. Et l’augmentation de la température est prévue entre 1,4 et 5,8 °C pour la fin du siècle.
Cela dit, les prémisses des catastrophes à venir sont déjà là. Le cyclone Katrina, outre le traitement inégalitaire face à la catastrophe qu’il a révélé, a mis en lumière d’une part l’augmentation de l’intensité et de la durée des cyclones, qu’on peut corréler à la hausse de la température de l’Atlantique nord et, d’autre part, la façon dont la destruction des écosystèmes fragilise les protections naturelles contre les ouragans. Les réfugiés climatiques se multiplient : en Polynésie, plusieurs îles sont menacées de disparition du fait des inondations de plus en plus fréquentes. Les déplacements forcés de populations sont estimés à 150 millions d’ici 2050. Déjà, certains Etats (Australie, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande...) se préparent à refouler ces réfugiés.
Si le consensus scientifique est à peu près établi quant aux risques à venir, il n’en va pas de même pour les solutions à apporter. Rien d’étonnant quand on observe à quel point le capitalisme, depuis ses origines, repose sur l’usage massif d’énergies fossiles, le charbon d’abord, puis le pétrole. Remettre radicalement en cause cet usage des énergies fossiles, c’est remettre en cause le fonctionnement du capitalisme. C’est pourquoi les mesures négociées au niveau international par la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1992), puis par le protocole de Kyoto sont au mieux insuffisantes, au pire perverses. L’engagement a été pris par les signataires de Kyoto, mais pas les Etats-Unis, de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport à 1990. Mais cet engagement est fortement assoupli par les mécanismes de flexibilité qui permettent aux pays les plus émetteurs d’acheter des quotas d’émissions à ceux qui émettent moins que ce à quoi ils ont droit.
La période d’engagement de Kyoto se termine en 2012, les négociations de la conférence de Nairobi, qui débute le 6 novembre, doivent définir les objectifs de réduction des pays industrialisés après 2012. Mais nul de remet en cause les tours de passe-passe néolibéraux qui, plutôt que d’agir vraiment pour limiter les changements climatiques, sont en train de constituer un marché du carbone qui profitera à quelques entreprises. Il y a pourtant des aspects positifs dans le protocole de Kyoto : objectifs de réduction chiffrés, échéances précises, report sur la période suivante en cas d’objectif non atteint, recours limité aux puits de carbone, prise en compte des différences entre pays industrialisés et ceux qui ne le sont pas... Il faut défendre ces objectifs contre toutes les pressions néolibérales, mais, au-delà, il faut opposer une stratégie alternative qui batte en brèche le dogme selon lequel la consommation énergétique doit nécessairement augmenter dans tous les pays.
La réduction massive des émissions doit être la dimension centrale de cette stratégie, en favorisant la sobriété et l’efficacité énergétiques et le remplacement des énergies fossiles par des énergies propres. Cela implique de mettre en place des normes contraignantes sur le bâtiment (un tiers de la consommation d’énergie mondiale), l’industrie (20 % des émissions françaises), l’agriculture (19,5 %) ou les transports. Les solutions technologiques n’y suffiront pas. C’est bien une réorganisation de l’économie, et donc de la société, qu’on doit viser, réorganisation qui satisfasse les besoins sociaux et environnementaux ; d’autant que lancer un plan d’économies d’énergies et de développement des énergies propres créerait des milliers d’emplois. Cela doit s’accompagner d’une modification profonde des rapports Nord-Sud qui permette aux pays pauvres de se développer, ce qui implique un usage massif d’énergies, mais sans reproduire le type de développement qu’ont connu les pays industrialisés, d’où la nécessité d’un transfert de technologies propres.
Les débats sur les moyens de réduire les changements climatiques doivent sortir des sphères confinées des négociations internationales et des rapports entre grandes puissances. Ils doivent devenir l’enjeu de mobilisations sociales. La journée internationale d’actions contre le changement climatique, le 4 novembre, doit être un premier pas vers de tels mouvements. Au delà, cette question doit être au cœur de nos propositions pour une alternative au libéralisme.
Vincent Gay
Source : Rouge, 2 novembre 2006, hebdomadaire de la LCR, France
****************************
03/11/2006 /09:53 / Catégorie :English
texts
3 novembre 2006
Janitors’ Union, Recently Organized, Strikes in Houston
By STEVEN GREENHOUSE
New York Times
Last year, more than 5,000 janitors in Houston decided to form a union, giving organized labor one of its biggest victories ever in the South.
But now the janitors are locked in a new struggle. They have gone on strike because five Houston cleaning companies have rejected their proposal for a salary increase to $8.50 an hour, up from the current average of $5.25 an hour.
The companies say the proposal for a 62 percent increase, along with health insurance, is unrealistic.
The janitors, who generally work four hours a day, say they are merely asking for enough to support their families.
The tensions, and the theatrics, intensified sharply yesterday as the union’s supporters blocked a main thoroughfare in front of the Galleria mall, staging a sit-in that led to the arrest of 12 people. For nearly two hours, the group blocked Post Oak Boulevard, just outside a Neiman Marcus store, with the police seeming confused about how to handle the situation.
The union’s pressure tactics have gone much further. The union, the Service Employees International Union, has sent strikers to picket office buildings in Chicago, Jersey City, Los Angeles and Sacramento, enlisting janitors in those cities to honor the picket lines and disrupting cleaning operations there.
The union has also pressured one of the largest real estate companies in Houston, Hines, distributing leaflets at its buildings in Berlin, London, Mexico City and Moscow.
To push one of the largest office tenants in the city, Chevron, to urge its cleaning companies to be more generous, the service employees union yesterday blocked cars from entering a Chevron gasoline station in London and distributed leaflets at Chevron headquarters in San Ramon, Calif.
The union is increasing pressure in different places and ways in the hope of reaching a quick settlement.
But the two sides are dug in, and there are fears of a protracted strike. The walkout began 11 days ago, and no negotiations have been held for two and a half weeks.
“The janitors’ union is obviously a foothold for labour in the South,” said Julius G. Getman, a professor of labour law at the University of Texas, “and this dispute is important as a precedent in the South. If the issue is only money, this should be settled quickly. But if the cleaning companies want to break the union in Houston, it’s going to be a hell of a fight.”
Outside the Galleria mall, a striker, Veronica Taboada, said yesterday that the support the union was receiving was magnificent.
Among those arrested were students, union staff members and activists.
“We think the cleaning companies have plenty of money to give us a raise,” said Ms. Taboada, who earns $5.15 an hour after six years as a janitor. “It’s just not fair, $5.15 an hour. We have to mop, take out the trash, clean the computers.”
The union said that 1,700 janitors were on strike and that a majority of janitors had walked out at the 58 buildings where the union has called for walkouts.
Robert Stewart, a spokesman for the five cleaning companies, ABM, GCA, OneSource, Pritchard and Sanitors, said the companies continued to serve their customers and clean their buildings despite the strike. The cleaning is being done by managers and workers who have crossed the picket lines.
“As we’ve said all along,” Mr. Stewart said, “we would welcome a resolution to this matter, but only one that serves the best interests of our customers, as well as our employees.”
The director of the union’s Justice for Janitors campaign, Stephen Lerner, said: “We’re getting tremendous public support because people are shocked to hear about how little these people make — just $20 a day.
“The real issue is, Are the building owners and Chevron, which earned billions of dollars last year, going to put up the money to pay the janitors decently? They’re the ones that have the power to settle this.”
A vice president for Hines, George C. Lancaster, said the company hoped that the dispute would end soon and “was supportive of health insurance and higher pay for janitorial workers.”
“The S.E.I.U.,” Mr. Lancaster added, “truly believes that we can assert our influence and cause a settlement. In fact, we manage less than 7 percent of the commercial space in Houston. However, senior executives at Hines are urging our cleaning contractors to work diligently to reach an agreement as soon as possible.”
Chevron issued a statement saying it was not a party to the negotiations and was encouraging the two sides to reach a settlement.
Janitors’ Union, Recently Organized, Strikes in Houston
By STEVEN GREENHOUSE
New York Times
Last year, more than 5,000 janitors in Houston decided to form a union, giving organized labor one of its biggest victories ever in the South.
But now the janitors are locked in a new struggle. They have gone on strike because five Houston cleaning companies have rejected their proposal for a salary increase to $8.50 an hour, up from the current average of $5.25 an hour.
The companies say the proposal for a 62 percent increase, along with health insurance, is unrealistic.
The janitors, who generally work four hours a day, say they are merely asking for enough to support their families.
The tensions, and the theatrics, intensified sharply yesterday as the union’s supporters blocked a main thoroughfare in front of the Galleria mall, staging a sit-in that led to the arrest of 12 people. For nearly two hours, the group blocked Post Oak Boulevard, just outside a Neiman Marcus store, with the police seeming confused about how to handle the situation.
The union’s pressure tactics have gone much further. The union, the Service Employees International Union, has sent strikers to picket office buildings in Chicago, Jersey City, Los Angeles and Sacramento, enlisting janitors in those cities to honor the picket lines and disrupting cleaning operations there.
The union has also pressured one of the largest real estate companies in Houston, Hines, distributing leaflets at its buildings in Berlin, London, Mexico City and Moscow.
To push one of the largest office tenants in the city, Chevron, to urge its cleaning companies to be more generous, the service employees union yesterday blocked cars from entering a Chevron gasoline station in London and distributed leaflets at Chevron headquarters in San Ramon, Calif.
The union is increasing pressure in different places and ways in the hope of reaching a quick settlement.
But the two sides are dug in, and there are fears of a protracted strike. The walkout began 11 days ago, and no negotiations have been held for two and a half weeks.
“The janitors’ union is obviously a foothold for labour in the South,” said Julius G. Getman, a professor of labour law at the University of Texas, “and this dispute is important as a precedent in the South. If the issue is only money, this should be settled quickly. But if the cleaning companies want to break the union in Houston, it’s going to be a hell of a fight.”
Outside the Galleria mall, a striker, Veronica Taboada, said yesterday that the support the union was receiving was magnificent.
Among those arrested were students, union staff members and activists.
“We think the cleaning companies have plenty of money to give us a raise,” said Ms. Taboada, who earns $5.15 an hour after six years as a janitor. “It’s just not fair, $5.15 an hour. We have to mop, take out the trash, clean the computers.”
The union said that 1,700 janitors were on strike and that a majority of janitors had walked out at the 58 buildings where the union has called for walkouts.
Robert Stewart, a spokesman for the five cleaning companies, ABM, GCA, OneSource, Pritchard and Sanitors, said the companies continued to serve their customers and clean their buildings despite the strike. The cleaning is being done by managers and workers who have crossed the picket lines.
“As we’ve said all along,” Mr. Stewart said, “we would welcome a resolution to this matter, but only one that serves the best interests of our customers, as well as our employees.”
The director of the union’s Justice for Janitors campaign, Stephen Lerner, said: “We’re getting tremendous public support because people are shocked to hear about how little these people make — just $20 a day.
“The real issue is, Are the building owners and Chevron, which earned billions of dollars last year, going to put up the money to pay the janitors decently? They’re the ones that have the power to settle this.”
A vice president for Hines, George C. Lancaster, said the company hoped that the dispute would end soon and “was supportive of health insurance and higher pay for janitorial workers.”
“The S.E.I.U.,” Mr. Lancaster added, “truly believes that we can assert our influence and cause a settlement. In fact, we manage less than 7 percent of the commercial space in Houston. However, senior executives at Hines are urging our cleaning contractors to work diligently to reach an agreement as soon as possible.”
Chevron issued a statement saying it was not a party to the negotiations and was encouraging the two sides to reach a settlement.
